Le chômage et les jeunes

À nouveau des textes, des analyses, des points de vue. Cette fois, sur les jeunes et le chômage. Faire ressortir les spécificités locales sur le plan socioéconomique, comparer les stratégies gouvernementales en matière de formation et d’aide à la création d’emplois, rendre compte ou du moins faire écho (…)

 

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TABLE DES MATIÈRES

 

Présentation du numéro

Article complet

 

Jeunes en rupture


Gérald Béroud

Valeur travail et mouvement de jeunes

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La Suisse est prisonnière d’un certain nombre d’images d’Épinal : propreté, richesse, quiétude… Comment se fait-il que dans ce pays où le chômage est quasiment absent des révoltes de jeunes soient apparues ? Quelles sont les raisons et les caractéristiques de cette « rébellion dans la cage dorée » ? L’analyse de la valeur travail, du rapport que les différents mouvements de jeunes entretiennent avec elle, sert de révélateur de la critique d’un des noyaux du système idéologique auquel s’affrontent les jeunes.

Work Values and Youth Revolts

Switzerland is known to praise values such as wealth, peace, security… Although unemployment has remained very low over the years, rebellious youth movements have begun to emerge. This may be explained by an analysis of conflictual values and ideologies as reflected in work.

Dominique Gros

Le « mouvement » des jeunes en Suisse : repères bibliographiques

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Données et points de repères


Diane Tremblay et Vincent Van Schendel

Le chômage des jeunes au Québec : un petit tour d’horizon

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Le chômage qui se développe depuis plus de 10 ans et qui atteint des sommets effarants touche particulièrement les jeunes. Premiers mis à pied et premiers à attendre que des emplois soient créés (avec les femmes…), les jeunes occupent en outre la plupart du temps des emplois précaires et mal payés.

Ce n’est ni la « paresse » des jeunes ni leur trop grand nombre sur le marché du travail qui est responsable de cette situation mais bien l’incapacité de l’économie de créer et maintenir les emplois.

Les conséquences sociales de ce phénomène sont très graves. Or, les gouvernements n’adoptent que des mesures partielles et temporaires. La lutte au chômage des jeunes et au chômage tout court devra passer par des mesures telles que la réduction du temps de travail, le maintien des services publics, des programmes de création d’emploi, etc., mais nécessitera aussi — et surtout — la volonté politique d’éliminer le chômage.

Unemployment and Youth in Québec: An Overview

The growth of unemployment over the last ten years has particularly affected the young. As is the case for women, most youths are the first to be laid off and the last to be rehired. They tend to find themselves in the most insecure and worst paying jobs.

It is neither laziness nor the « baby boom » that creates this situation but rather the inherent characteristics of the economy which prevent the creation of stable jobs.

Although the social consequences of this situation are serious, governments have done little more than adopt piecemeal and temporary measures. The fight against unemployment in general and for youth in particular necessitates such measures as a reduction in work hours, maintaining public services and job creation programmes etc…. but most of all, the political determination to eliminate unemployment.

Jean-Émile Charlier

La crise de l’emploi : quel avenir pour les jeunes ?

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Les jeunes ne parviennent à s’introduire sur le marché de l’emploi qu’à grande peine, et, pour nombre d’entre eux, au prix du sacrifice de leurs aspirations. Les peu scolarisés sont les premières victimes et n’ont guère de possibilités de se former sur le tas, les employeurs préférant, à coût égal, engager du personnel déjà formé.

Les jeunes plus instruits, quant à eux, doivent fréquemment se contenter d’emplois sous-qualifiés où ils ne peuvent réaliser ce à quoi ils s’étaient préparés.

D’autre part, aucun secteur de l’activité économique ne semble en mesure d’absorber prochainement toutes les personnes désireuses de travailler et dont le nombre est sans doute bien plus élevé que celui des chômeurs.

Dans ce contexte, la question de savoir si nos économies ont une chance de revenir au plain emploi mérite d’être posée. Pour un certain nombre de sociologues, la réponse est négative, si l’on garde au terme « emploi » le sens qu’il a aujourd’hui.

En effet, nous assistons à un phénomène de société duale avec d’une part des emplois qualifiés et stables dans le privé et le public. D’autre part des emplois précaires à durée déterminée à temps partiel et avec absence de protection sociale.

Ce phénomène ne peut amener que de fortes potentialités conflictuelles. Une alternative à cette société duale pourrait être le renforcement des solidarités sociales fondamentales dans le sens d’une nouvelle redistribution.

The Crisis of Unemployment: What is the future for today’s youth?

Today’s young people have serious difficulties in penetrating the job market and are often forced to sacrifice their aspirations. Those with little formal education are the first victims and have little chance to obtain on-the-job training since, all else being equal, employers prefer trained personnel.

The more educated young people are often forced to accept jobs for which they are overqualified and/or which are unrelated to their training.

Furthermore, there seems to be little chance in the near future that any sector of economic activity will be able to absorb the new waves of job-seekers. In all probability, their numbers will be far higher than present levels of unemployment.

In the light of this situation, it is necessary to ask ourselves whether the economy will ever be capable of regenerating a situation of full employment. For some sociologists the answer is negative if the definition of employment remains what it is today.

Quite clearly, we are entering the age of the « dual society » characterized on the one hand by a sector composed of highly qualified and stable occupations and on the other, by a sector of temporary, part-time, unstable jobs without recognized measures of social protection. This situation is potentially explosive. An alternative to the dual society lies in the direction of reinforcing social solidarities through new redistribution policies.

Michel Tachon

Seront-ils les vaincus de l’histoire ?

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Après avoir dressé un tableau des jeunes face à l’emploi en France, des diverses analyses qui sont faites de cette situation, l’auteur réfère à une étude qu’il a menée auprès des jeunes des centres d’hébergement de l’agglomération de Lyon. Y sont décrits les comportements des jeunes face au travail et à l’exploitation dont ils sont l’objet, leur révolte, leurs aspirations.

Ces jeunes dont les pratiques sociales deviennent les analyseurs de notre société vont-ils constituer une génération oubliée, sacrifiée ? « Rien ne se fera sans la mobilisation de l’ensemble des forces sociales et la participation des jeunes eux-mêmes. » Voeux pieux ou réalité de la prise de conscience des populations des sociétés industrielles ?

A New « Lost Generation »?

After examining the employment pictoure for youth in France and the various analyses of this situation, the author relates a study he undertook with groups of young workers in Lyon, France. He analyses their work attitudes and their work situations as well as their revolts, hopes and aspirations.

The behaviour of these young people is significant for our understanding of today’s society. Do they constitute a new « lost generation »? « Nothing can be done without the efforts of all sectors of society and in particular of the young themselves. » Is this empty rhetoric or an indication of a new consciousness in industrial society?

 

Quel avenir pour les jeunes ?


Francis Tilman

L’école contre le travail ?

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La politique scolaire tend vers une formation professionnelle polyvalente. Ceci aura pour résultat inévitable une déqualification. Nous optons pour une qualification qui donne au jeune travailleur le sentiment de posséder une identité professionnelle.

Ce n’est qu’à partir de cette identité que le jeune travailleur peut véritablement développer une capacité de maîtrise de son environnement professionnel et social. Cependant dans ce domaine, l’école a un rôle et, au-delà des illusions qu’elle entretient bien souvent dans l’esprit de ses élèves concernant leur avenir professionnel, elle possède comme atout majeur, les stages. Ceux-ci peuvent être l’occasion pour les jeunes de mettre leurs connaissances scolaires en pratique et surtout d’enrichir leur expérience sociale du travail et donc leur donner matière à exercer réellement une capacité d’analyse de la réalité du monde du travail.

Cela nécessite cependant un long et patient travail de coopération en équipe, d’acceptation de la relativité des expériences des autres, de capacité progressive d’émettre des hypothèses explicatives aux problèmes rencontrés, bref de découvrir des phénomènes plus généraux sous-tendant le vécu personnel.

C’est dans cette perspective commune et complète qu’est utilisée la « pédagogie du projet ». La réalisation commune et complète d’une tâche productive dans tout son processus de fabrication et de vente produit plusieurs effets fondamentaux comme : donner confiance aux jeunes, les stimuler à mener des actions collectives, les familiariser à l’analyse des facteurs sociaux.

School vs Work

Education policies tend to favour more general, varied forms of job training. This inevitably leads to a form of dequalification. We tend to prefer a type of training which gives young workers a sense of their professional identity. Indeed, it is this sense of identity which permits the individual to develop the capacity to master his or her professional and social environment. The school has a role to play in this area, and in spite of the illusions that it often reinforces in the minds of students concerning their future, there is one area in which much can be done and that is through their field work. Field work offers an opportunity for the students to put their knowledge into practice, to gain a wider social experience of work and thus to develop their own means of analysing the work world.

This presupposes, of course, long and painstaking group work in which one learns to accept the experience of others, to develop hypotheses concerning various problems encountered and, in general, to discover the more general phenomena that underlie one’s personal experiences.

It is in this perspective that this article explains « project teaching ». The ability to undertake a productive activity in cooperation with others and it familiarizes them with the analysis of social phenomena.

Anne La Perrière

Quand on le peut : l’école pour éviter le pire

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Quel choix constitue l’école, aujourd’hui, pour les jeunes en âge de travailler ? Si elle n’est plus la voie royale vers un bon emploi, comme dans les années soixante, elle semble cependant indispensable pour éviter aux jeunes une mobilité sociale descendante. Quand on le peut, mieux vaut encore choisir l’école, pour éviter le pire.

Pourtant, ce ne semble pas être le choix de 45 % des jeunes qui, au Québec, abandonnent l’école dès la fin de la scolarité obligatoire, avant même l’obtention d’un diplôme d’études secondaires. Quelle est la signification de ce choix ? De quels avantages relatifs à l’emploi bénéficient par ailleurs ceux et celles qui poursuivent leurs études ?

Post-Secondary Education… A Lesser Evil?

How can one interpret the choice for higher education on the part of today’s youth? Even though post-secondary is no longer a guarantee for a good job, it seems to be necessary in order to prevent downward mobility. If the choice exists, it seems better to continue one’s schooling… as a lesser evil. And yet 45% of students in Quebec today leave school as soon as it is legally possible and before obtaining a high school diploma. What does this mean? What are the advantages concerning employment for those who continue their education?

Janine Hohl

Apprendre l’insécurité… d’emploi

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Des étudiantes en éducation s’expriment sur leurs expériences et leurs espérances de travail, ainsi que sur les modes de vie inhérents au travail précaire et sur la place qu’occupent les études dans ce contexte d’absence d’emploi.

Learning in a Context of Job Insecurity

Students in an Education Faculty discuss their work experiences and their hopes for the future as well as the lifestyles that are inherent in a situation of job insecurity. The article concludes with their reflexions on the role of their studies in a situation when jobs do not exist.

Le comité suisse de la RIAC

[sans titre]

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Jacques Amos

La durée contre l’instant ou quelle alternative pour les jeunes ?

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La catégorie sociale « jeunesse » est marquée par une dualité fondamentale : il y a toujours des jeunes, mais ce ne sont jamais les mêmes. Ils « vieillissent », et l’article tente précisément de les situer par rapport à un avenir. Deux réalités contrastées permettent de cadrer cette problématique : celle d’un pays du Sahel, où l’école reste marginale, et celle de Genève, canton suisse où la formation postobligatoire est pratiquement devenue obligation sociale. C’est dire que les jeunes y investissent dans la formation, même s’ils ne le font pas tous avec conviction, ni avec les mêmes moyens et chances. La formation crée notamment des différences concrètes entre jeunes, quant au moment, aux conditions, à la matérialisation d’un « choix » professionnel. Les recherches montrent une certaine insatisfaction par rapport à la formation professionnelle, Et pourtant, les jeunes y investissent, malgré un avenir incertain. C’est qu’ils n’ont pas réellement d’alternative au modèle dominant de passage de l’« école à la vie active ».

Duration and Change. What Alternatives for Youth?

The concept of « youth » is characterized by a fondamental duality: they are always young people… but they are constantly being replaced. This article attempts to define the way in which young people situate themselves in relation to the « duration » of youth; in particular, the author shows the ways in which they prepare for the future. To illustrate the dimensions of this situation the author compares two radically different contexts: the situation in a subsaharan African country in which schooling is still a relatively marginal phenomenon and the situation in Geneva in which it is virtually a social necessity to continue one’s education beyond the limit of obligatory schooling. In this latter case, it is important to recognize that young people « invest » in their education even if they do not all show the same degree of conviction and even if they do not have the same means and opportunities. The education process creates differences among young people concerning the moment, the conditions and the realization of their career choices. Research has shown a certain amount of dissatisfaction concerning job training programmes and yet young people continue to participate in them despite the uncertainty of the future. Perhaps because there is no alternative?

Michel Vuille

Réalisme en douceur dans le pré-apprentissage

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Les ateliers de préapprentissage de la Société genevoise pour l’intégration professionnelle d’adolescents et d’adultes (SGIPA) constituent un 10e degré de formation. Ils sont fréquentés en grande majorité par des élèves de 15 ans qui n’ont pas achevé sans difficultés leur scolarité obligatoire.

Face à ces jeunes « à problèmes », les enseignants de l’atelier bois ont développé une pédagogie active : ils visent ainsi — dans la mesure du possible — à responsabiliser chaque élève dans le cadre de « chantiers de construction » où un accent est placé sur la répartition et la gestion collectives des tâches.

Mais, la logique du monde du travail « interfère » avec la logique scolaire et les enseignants de la SGIPA assument aussi la fonction de conseiller en orientation : les enseignants de l’atelier bois guident donc leurs élèves — dont les idées témoignent d’une ambition démesurée… — vers des choix professionnels réalistes! Ils appliquent en douceur les critères d’orientation et de sélection qu’imposent en dernière analyse le marché de l’apprentissage et la conjoncture économique.

The Implicit Teaching of Realism

The pre-apprenticeship workshops of the Institue for the Professional Integration of Adolescents in Geneva (SGIP) are attended for the most part by 15 year old students who have serious difficulties finishing school.

The teachers in the wood workshop decided to adopt an active pedagogical approach with these « problem students ». The goal is to encourage each student to assume and share responsabilities.

The real work world however makes its influence felt and « interferes » with the learning situation by forcing the teachers to play a « de facto » role of job counsellors. The teachers guide their students—whose ambitions are wildly optimistic—towards more realistic employment choices. In this sense they find themselves implicitly applying the orientation and selection criteria imposed by the job market and the economic crisis.

Gérard de Rham et Rosita Fibbi

En marge ou au coeur du problème ? Les jeunes étrangers

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Les jeunes étrangers partagent avec leurs contemporains suisses les difficultés actuelles d’insertion sur le marché de l’apprentissage et du travail, à cette nuance près néanmoins, qu’en raison de leur origine sociale et des difficultés scolaires, ils plafonnent au niveau de la formation professionnelle.

De plus ils sont sommés, par le pays d’accueil et par celui d’origine, de se définir en termes nationaux : l’identité des jeunes devenant ainsi le terrain d’une confrontation qui a pour enjeu l’enracinement et la loyauté de ce groupe.

Le problème de l’identité de la deuxième génération est soulevé publiquement au moment où celle-ci entre massivement dans la vie active. Cependant, l’image que le pays d’accueil en donne est essentiellement psychologisante, mettant en relief la problématique de l’adolescence et dissimulant les enjeux sociaux et culturels de ce moment-clef. Les stratégies concrètes d’insertion professionnelle adoptées par les jeunes étrangers peuvent être considérées comme révélatrices du difficile processus de négociation entre diverses logiques et de l’affirmation progressive de leur identité; elles recèlent une réponse à la question largement débattue aujourd’hui, de savoir si l’intégration de la deuxième génération dans la société d’accueil se réalisera ou non sans résistances.

Young Immigrants and the Labour Market

Immigrant youth shares with the rest of youth in Switzerland the problem of access to job training programmes and the labour market. The differences between the two groups however is that, because of their social origins and educational problems of immigrant youth, they tend to be channelled towards trade occupations.

Furthermore they are forced both by the host country as well as their own environments to define themselves in ethnic terms. The identity of these young people thus becomes a source of conflict concerning their sense of belonging and loyalties.

The identity problem of the « second generation » has become an issue of public concern precisely at the time when this group is massively entering the job market but Swiss authorities tend to see the problem largely in terms of the psychological difficulties of adolescence. This perception of the problem conceals the social and cultural significance of this key moment. The various strategies that young immigrants actually adopt in relationship to the job market should be seen as an indication of the difficult process of negotiation between conflicting pressures and as an attempt on their part to progressively assert their identity. These strategies contain a large part of the answer to the central question at hand: will the integration of the second generation take place with or without major conflict?

 

Action collective, action syndicale


Stéphane Lepoutre

Les jeunes syndicalistes face aux problèmes d’emploi des jeunes

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Dès le début de la crise, les jeunes ont été fortement touchés par l’augmentation du chômage. Les jeunes syndicalistes de la Confédération des syndicats chrétiens de Belgique, confrontés à cette situation nouvelle, ont très tôt réagi en lançant des revendications concernant la création d’emplois suivant différentes modalités, et particulièrement par le partage du travail.

Encore faut-il, pour faire avancer ces revendications, qu’elles soient appuyées par un maximum de jeunes, étudiants, travailleurs et sans-emploi, et donc qu’elles répondent aux attentes des jeunes. Les jeunes syndicalistes de la CSC ont à de nombreuses reprises consulté de nombreux jeunes pour définir, tester et réaménager leurs revendications et programmes d’action. Ils ont suscité le développement de groupes d’action à la base dans les entreprises et parmi les sans-emploi.

Cette sensibilisation de plus en plus large à la nécessité de redistribuer le travail disponible, revendication porteuse de solidarité, amène les jeunes à repenser le syndicalisme. Ils veulent dépasser le corporatisme et recherchent les voies vers un syndicalisme interprofessionnel, plus solidaire, qui ne tienne plus seulement compte des problèmes liés au travail, mais considère le travailleur, avec ou sans-emploi, ainsi que les étudiants, comme des personnes humaines qui aspirent à une société plus juste et plus démocratique.

Young Union Militants and the Question of Employment for Youth

Youth has been particularly hard hit by the growth of unemployment. Young militants in the Confederation of Christian Trade-Unions in Belgium rapidly reacted to this situation by calling for various types of job creation and job sharing programmes.

If these demands are to meet with success however they must be supported by large numbers of young people, whether they be students, workers or unemployed. The young union militants of the CCTU undertook a vast programme of consultation in order to define, test and redefine their demands and programmes for action. They were also active in setting up local committees in various shops and amongst the unemployed.

The push for redistribution of the work available, necessarily poses the question of solidarity and has led youth to rethink their attitudes towards unionism. They want to go beyond the corporatist conception of trade-unionism and to seek new forms of trade-union solidarity which consider not only job related problems but the worker, whether presently employed or not, as a human being who desires to live in a more just and democratic society.

Pierre Hamel

Les enjeux actuels de l’emploi : vers une nouvelle définition de l’action collective

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Aux côtés des organisations syndicales, depuis quelques années au Québec, se sont mises sur pied des organisations populaires qui interviennent sur les conditions minimales de travail, le chômage, les droits des travailleurs.

Après avoir présenté quelques questions que soulève l’organisation du travail dans le contexte actuel, le texte se termine sur quelques pistes de discussions qui partent d’un rappel de certaines difficultés que traverse le mouvement syndical tant au niveau de son image que des stratégies qu’il met de l’avant.

Suivent une table-ronde et une brève présentation de trois organisations qui oeuvrent dans ce secteur.

The Struggle for Employment: Towards a new definition of collective action

Over the last few years in Quebec, new organizations concerned with working conditions, unemployment and workers’ rights have appeared alongside the union movement.

The author discusses various aspects of the organization of work in the present context and suggests themes for discussion concerning the difficulties that the union movement is presently facing, both in term of its public image and the strategies it employs.

A round table discussion with representatives from three of these parasyndical organizations concludes the article.

Pierre Hamel et J. Hohl

« Service 15-20 » : une organisation communautaire qui intervient auprès des jeunes travailleurs : entrevue avec Pierre Francoeur

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« Service 15-20 » est un organisme communautaire qui s’adresse aux jeunes sans emploi pour les aider à se trouver du travail tout en développant une meilleure connaissance de leurs droits en tant que travailleurs, mais aussi en leur permettant d’acquérir une plus grande autonomie vis-à-vis de leur milieu. L’entrevue réalisée avec Pierre Francoeur, l’un des permanents du « Service 15-20 », rend compte du fonctionnement et des principales difficultés que rencontre l’organisme.

Service 15-20: A Community Organization for Young Workers

Service 15-20 is a community organization for unemployed young people which seeks to help them find employment and to know their rights as workers. At the same time, the project encourages them to become more independent in relation to their environment. This interview with a member of the staff explains the way the organization works and the main difficulties it encounters.

 

Quelle politique sociale ?


Odile Plan

Les débuts d’une politique nationale de formation professionnelle pour les jeunes de 16 à 18 ans

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À la suite du Rapport Schwartz sur « l’insertion sociale et professionnelle des jeunes » en France en 1981, le gouvernement socialiste a mis en place un dispositif d’accueil, d’information, d’orientation et de formation pour les jeunes de 16 à 18 ans sans qualification professionnelle et non insérés socialement. Cette opération touche 100 000 jeunes et se déroule en particulier à un niveau local, dans le cadre des politiques de décentralisation. L’article décrit cette opération.

The Initial Steps towards a National Manpower Training Programme for Youth

Following the Schwartz Report (1981) on « Social and Professional Youth Integration », the French government has introduced changes that provide the unqualified youth with counselling services and training programmes. No less than 100,000 unemployed youths are affected by this policy which is administered on a regional basis. The article describes the implementation of the programme.

Yves Barel, Jean-Philippe Motte, Odile Plan, Jacqueline Manavella, François Pornon et Elisabeth Maurel

Le travail des « 16-18 ans » : « Bricolage social » ou économie parallèle ? (débat)

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Dans la ligne des hypothèses émises par Yves Barel dans son ouvrage La Marginalité sociale, le débat porte sur les enjeux sociaux du travail et du non-travail et sur l’impact sur la société dans son ensemble des nouveaux comportements vis-à-vis du travail.

The Work Situation for 16-18 Years Old: « Getting by » on a Parallel Economy

In reference to Yves Barel’s book La Marginalité sociale, this debate concerns the issue of work and the impact of new work practices on society as a whole.

Pierre Desmarez et Isaac W. Domb

Le chômage des jeunes et les politiques de création d’emploi en Belgique : Cadre spécial temporaire et Programme de promotion de l’emploi

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Les programmes de création directe d’emplois par le secteur public sont nés de la crise, c’est-à-dire de la restructuration du capitalisme. Même si cette orientation n’est pas toujours explicite, ces mesures concernent tout particulièrement les jeunes.

Le tout récent « Programme de promotion de l’emploi dans le secteur non marchand » représente une institutionnalisation du programme précédent, le « Cadre spécial temporaire ». Comme ce dernier, le nouveau programme est censé contribuer à la réalisation de « tâches d’intérêt collectif » et s’adresse à une population de chômeurs complets indemnisés. Cette institutionnalisation d’un circuit de travail parallèle pourrait être annonciatrice d’une « dualisation » rigide du secteur public mais aussi, à terme, de la société toute entière.

Simultanément, les contraintes imposées à la rencontre entre offre et demande de travail et le type d’emploi proposés par le Programme de promotion de l’emploi font que, par sa politique, l’État lui-même participe au mouvement de remise en cause de la forme qu’a pris le rapport salarial dominant depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en favorisant la flexibilité des facteurs et prix sur le marché du travail.

Youth Unemployment and Job Creation Programmes in Belgium

Job creation programmes in the public sector came into being with the Depression, that is during a period of reorganization of capitalism. Although it is not always explicit, these programmes are particularly oriented towards youth.

The recently introduced  »programme for the creation of employment in the non-market sector » institutionalizes the previous programme known as the « Special Temporary Framework ». Like its predecessor, the new programme is meant to encourage activities in the public interest and concerns only those receiving unemployment insurance benefits. This institutionalization of a network of « alternative » occupations may be an indication of a growing « dualization » within the public sector and eventually within the society as a whole.

At the same time, the constraints imposed on the relationship between the supply and demand for employment on the one hand and the type of employment offered by the job-creation programmes on the other tend to create a situation in which the State, through its employment policies, contributes to the weakening of the traditional salary relationship.

Céline Saint-Pierre

Les jeunes et le travail : remise en question ou fuite en avant ?

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Si la crise actuelle conduit la majorité des jeunes à adopter des stratégies de sauve-qui-peut en vue de répondre à des exigences de survie économique, elle favorise en même temps l’émergence de nouveaux comportements vis-à-vis du travail qui remettent en question son organisation, ses objectifs axés sur la productivité et les modèles de croissance qui les sous-tendent. Le mouvement syndical lui aussi se trouve interpelé par ces transformations.

Youth and Work: Contestation or Evasion

The present economic crisis forces most young people to take what they can get in terms of employment. At the same time however, new attitudes are becoming evident which are increasingly critical of work organization and the underlying values of productivity and growth. The union movement is also seriously affected by this new mentality.

Jules Duchastel

Il n’y a plus de jeunesse… mais encore un État

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La jeunesse a été et s’est représentée comme principe unificateur des mouvements sociaux du tournant des années soixante. Mais elle a perdu cette place prépondérante pour devenir aujourd’hui une cohorte statistique particulièrement frappée par la crise. D’une position d’acteur social privilégié, elle est devenue victime désignée de la crise. Cela ne se comprend que par les changements décisifs de la conjoncture économique et de leur incidence sur les rapports de force au sein de l’État.

La question des jeunes permet d’analyser le problème du travail et du non-travail, ainsi que celui de la place de l’État dans la crise actuelle de régulation de l’accumulation capitaliste.

The Youth of Yesteryear… and the State of Today

The youth movement has played an important role in France’s major conflicts during the 60’s. Their demands for social change seem to have faded away with the coming economic crisis. The young have been particularly hit by higher unemployment rates which barely existed a decade ago. Youth unemployment can be explained by the nature of political struggle within the State in capitalist society.

 

Débat


Frederik Mispelblom

Pratiques « socio-historiques » en travail social

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L’auteur ébauche une méthode d’analyse et d’intervention « socio-historique » en Travail social qui tente d’expliciter l’enjeu social des situations auxquelles les pratiques sont confrontées. Le « social » y est défini comme l’articulation concrète d’aspects économiques, politiques et idéologiques. Il est non seulement « contexte » mais aussi dimension intime du désir, et le désir, une dimension toujours présente dans le « social ». La « subjectivité » est traversée de modèles sociaux, il n’y a nulle « affectivité » qui ne soit structurée par des normes sociales.

L’article propose de nouveaux outils d’analyse pour le Travail social, indique des pistes pratiques pour orienter l’action et expose les éléments d’une intervention concrète : la situation « Mercier ».

The Socio-Historic Determinants of Social Work Practice

El autor esboza un método de análisis y de intervención social de las situaciones a las que se confrontan las prácticas. Lo « social » es definido como la articulación concreta de los aspectos económicos, políticos e ideológicos. El es no solamente contexto, sino también dimensión íntima del deseo, y éste, una dimensión siempre presente en lo « social ». La « subjetividad » expresa modelos sociales, y no hay « afectividad » que no esté estructurada por normas sociales.

El artículo propone nuevos instrumentos de análisis para el trabajo social, indica algunas pistas prácticas para orientar la acción, y expone los elementos de una intervención social concreta, en el caso de « la situación Mercier ».

Vicente de Paula Faleiros

Les centres sociaux urbains au Brésil

Résumé / AbstractArticle complet

Le Brésil s’est doté depuis 1976 de nouveaux « Centres sociaux urbains » dont les programmes et les services visent à intégrer socialement et politiquement la main-d’oeuvre des périphéries urbaines. À mesure que diminue le contrôle politique exercé par le gouvernement, croissent les revendications sociales et la volonté de participation populaire à l’orientation des centres sociaux. Que va-t-il advenir de cette politique sociale à un moment où la crise économique et une crise de légitimité du pouvoir secouent le pays ?

Urban Social Service Centers in Brazil

Since the foundation of Urban Social Centre (1976), Brazil has been going through hard economic and political times. Furthermore, there is increasing pressure for community participation in decision making. This article looks at the effects of these changes and at their implications for social policy.