La participation sociale et politique au quotidien

Sous la direction de Stéphanie Gaudet et Marc Breviglieri

Ce numéro propose d’analyser la diversité et la complexité des dimensions sociales de l’expérience de participation vécue par les individus dans leur quotidienneté (…)

 

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TABLE DES MATIÈRES

 

Marc Breviglieri et Stéphanie Gaudet

Présentation du numéro

Article complet

 

Partie 1 — Les nouveaux canaux d’expression publique de l’arrière-scène participative


Caroline Caron

Les jeunes et l’expérience participative en ligne

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L’étude de cas présentée dans cet article permet d’examiner certaines particularités de l’expérience participative des médias sociaux par les adolescents. L’examen du contenu vidéo mis en ligne sur YouTube par une adolescente québécoise met en lumière cinq modalités de constitution d’un « soi relationnel » à travers l’affirmation progressive de sa « voix publique ». Dans les séquences vidéo sur le rejet et l’intimidation à l’école secondaire, ces modalités de mise en relation de soi permettent une politisation de l’expérience personnelle, dont l’expression intimiste redessine les notions d’engagement et de participation au-delà de la dichotomie public/privé.

Through a case study, this paper examines certain specific characteristics of adolescents’ participation in social media. An assessment of the video content uploaded to YouTube by a Quebec teenager sheds light on five ways of building a “relational self” through progressive affirmation of one’s “public voice.” In video sequences on rejection and bullying in high school, these ways of relating to oneself lead to a politicization of personal experience, the intimate expression of which extends the concepts of engagement and participation beyond the public/private dichotomy.

Rachel Brahy

L’engagement en présence : l’atelier de théâtre-action comme support à une participation sociale et politique ?

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Les ateliers de théâtre-action se présentent comme un espace original d’observation de la mise en commun et de l’engagement dans l’action. Les participants qui pénètrent ces dispositifs sont, en effet, appelés à se coordonner sous un format tout à fait particulier qui en appelle à la confiance, au présentisme, mais aussi aux corps et énergies de chacun. À partir de la sociologie des régimes d’engagement de Laurent Thévenot (Thévenot, 2006) et d’observations empiriques récentes, sera ainsi éclairée une modalité particulière de l’engagement, que nous nommerons « engagement en présence ». Plus exactement, dans cet article, nous tenterons de prendre la mesure : 1) de mutations relatives au contexte sociohistorique et qui impactent sur l’intervention théâtrale contemporaine ; 2) de la manifestation actuelle d’une réalité empirique visant la formation d’un « être avec » ; 3) de la possibilité d’une intégration théorique de l’« engagement en présence » à une sociologie de l’action.

Action theatre workshops can be seen as an original space for the observation of a coming together and engagement in action. Participants in these workshops are called upon to coordinate themselves in a special way that requires not just trust and presentism, but also each person’s body and energy. On the basis of what Laurent Thévenot refers to as the sociology of engagement regimes (Thévenot, 2006) and recent empirical observations, we shed light on a specific form of engagement that we call “engagement through presence.” More specifically, in this paper we seek some insight into (1) changes in the social and historical context that have an impact on contemporary theatre work; (2) the current manifestation of an empirical reality aimed at the development of a “to be with”; and (3) the possibility of a theoretical integration of “engagement through presence” into a sociology of action.

Élisabeth Greissler

L’engagement des jeunes en situation de marginalité : une part d’ombre ?

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À partir des résultats d’une thèse de doctorat portant sur l’engagement de jeunes en situation de marginalité, cet article vise à mettre en évidence des formes d’engagement difficiles à appréhender. Étant discrètes, certaines prises de position inscrites dans la proximité, dans des gestes quotidiens automatiques, représentent en effet un enjeu d’invisibilité et posent un problème de conceptualisation. Or des jeunes expriment leur besoin de participer, en investissant ce que l’on pourrait appeler un espace d’engagement « intermédiaire » ou une « arrière-scène participative », comme ils développent une « stratégie de résistance » pour exister dans l’espace social. Notre objectif est de comprendre ces prises de position.

The purpose of this paper, based on the findings of a doctoral thesis on the engagement of people living on society’s margins, is to highlight forms of engagement that are difficult to grasp. Being discrete, some stances taken in local affairs, in automatic daily actions, remain almost invisible and raise a problem of conceptualization. Yet young people express their need to participate by occupying what could be called an “intermediate” place of engagement or a “participatory backstage,” as they develop a “resistance strategy” to help them survive in the social sphere. Our objective in this paper was to gain a better understanding of these stances.

 

Partie 2 — L’émergence d’un sens critique et politique devant l’intolérable


David Gouard

Sociabilités générationnelles et légitimité politique alternative dans l’ancienne banlieue rouge

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Cet article analyse la trajectoire sociopolitique d’un acteur issu de l’immigration algérienne en France à partir d’une enquête de type ethnographique menée dans une ancienne Cité de la « banlieue rouge », autrefois haut-lieu de l’identité ouvriero-communiste. À travers un engagement associatif doublé d’une intervention dans le champ politique local, l’entreprise conduite par ce jeune homme tout au long de la décennie 2000 éclaire les fondements éminemment sociaux de sa légitimation politique. C’est en effet au plus près des réseaux de sociabilités générationnelles qu’il est parvenu à politiser tout un pan des nouveaux milieux populaires en situation de désaffiliation à l’égard de l’ordre sociopolitique traditionnel.

This paper analyses the sociopolitical development of an Algerian immigrant in France based on an ethnographic survey conducted in a onetime housing project in Paris’s “red suburbs,” a former epicentre of worker-Communist identity. Through community involvement on top of local political activity, the actions of this young man throughout the first decade of the 2000s shed light on the eminently social foundations of his political legitimization. It was through close contact with cross-generational sociability networks that he was able to politicize a wide swath of the new working class areas alienated from the traditional social and political order.

Mélanie Duclos

De la lutte pour vivre au combat politique : sur les traces des origines de la lutte des biffins

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Au début des années 2000, au marché de la porte Montmartre à Paris, certains de ses vendeurs d’objets de seconde main, récupérés le plus souvent dans les poubelles de la capitale, se montent en association pour s’opposer aux descentes de police dont ils font l’objet et demander la légalisation de leur activité. Vu les conditions d’extrême précarité de vie de ses acteurs, cette lutte pourrait paraître relever de l’extraordinaire. Et pourtant c’est dans l’ordinaire de leur vie quotidienne, qui déjà est un combat, que je voudrais tenter ici d’en retracer les origines.

In the early 2000s, at the Porte Montmartre market in Paris, some biffins (dealers in second-hand goods, most of which they collected from Parisian garbage cans) established an association to oppose the police raids against them and to call for their activities to be legalized. Given the extreme precariousness of the living conditions of these dealers, their struggle might appear to be something extraordinary. And yet it was in the very ordinariness of their daily lives, which are already a fight for survival, that I set out to trace the origins of their struggle.

Sylvaine Bulle

Faire de sa vie une enquête : le cas d’un mouvement de contestation populaire en Israël comme critique ordinaire et critique radicale

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En Israël où une contestation sociale importante a vu le jour dans le contexte des « Printemps des peuples ». Elle fut marquée par l’apparition de mobilisations non cadrées et d’espaces inédits de débat et de critique, comme la création d’une assemblée et d’un tribunal du peuple qui s’est tenu à la fin de 2012. Il s’agit, dans cette étude, d’appréhender ces nouveaux engagements en public qui donnent vie au langage ordinaire sans que celui-ci ne soit dénoué de ses fonctions critiques et argumentatives. L’enjeu général consiste à lire ces différentes actions sous le prisme du renouvellement de la critique sociale. Un enjeu particulier consiste à se demander dans quelle mesure et par quelles voies ces « indignations ordinaires » (au sens où la critique est « prise » dans l’environnement quotidien des acteurs) peuvent être des indignations radicales, portant sur une remise en question les institutions. L’article porte en particulier sur le tribunal du peuple qui s’est tenu en 2011 en Israël, dans le sillage du soulèvement populaire.

In Israel, major social justice protests that developed during the “Peoples’ Spring” were marked by the emergence of spontaneous mobilizations and totally new forums for debate and criticism, such as the creation of a people’s assembly and court that held hearings in late 2012. This paper seeks to better understand these new forms of public engagement, which give life to ordinary language without untangling it from its critical, argumentative functions. The general issue in this study consists in reading these different actions from the standpoint of the renewal of social criticism. A specific issue consists in asking to what degree and by what means this “ordinary indignation” (in the sense that the criticism is “taken” in the daily environment of the actors) can be regarded as radical indignation that calls institutions into question. The paper focuses in particular on the people’s court that held hearings in Israel in 2011, in the wake of the social justice protests.

 

Partie 3 — Les figures de la solidarité quotidienne pour prendre en charge l’intolérable et la différence


Elsa Zotian

La participation sociale et politique des enfants : une ethnographie de pratiques ordinaires qui embarrassent les adultes

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Si les conseils d’enfants, reflet du nouvel idéal démocratique de participation des plus jeunes, se multiplient, les modalités informelles et diffuses de participation politique et sociale des enfants restent peu connues. Cet article propose d’analyser des situations où les enfants mettent en oeuvre des styles de participation politique « à bas bruit » qui provoquent parfois l’embarras des adultes. À partir d’un terrain d’enquête mené auprès d’enfants âgés de 8 à 12 ans et grandissant dans des familles migrantes populaires, sera proposée une ethnographie des pratiques consistant à rejeter les enfants de l’école voisine, se moquer de ses pairs et « faire hala », autant de modalités d’un prendre part singulier faisant intervenir des conceptions du vivre ensemble, des catégorisations et hiérarchisation du social, des formes de résistance qui présentent des écarts par rapport à ce qu’attendent d’eux les adultes de leur environnement.

While the number of children’s councils has been increasing—a reflection of the new democratic ideal of participation of society’s youngest members—little is known about the informal, diffuse ways in which children participate politically and socially. This paper seeks to analyse situations in which children implement forms of political participation that “fly under the radar” but that sometimes put adults in awkward situations. On the basis of a survey of children age 8 to 12 raised in working class migrant families, we propose an ethnography of practices that include rejecting children from neighbouring schools, making fun of peers and raising hell. These unusual ways of participating in society involve concepts of living together, social categorization and hierarchization, and forms of resistance that diverge from what the adults in their environment expect of them.

Fabien Hein

Bien plus que de la musique ! Le punk rock comme force de participation sociale et politique

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Le DIY (Do It Yourself) constitue le régime d’engagement majeur de la scène punk rock. Il en est « l’arrière-scène ». Ce régime, fondé sur la célébration de l’action ne revêt pas seulement une dimension artistique et culturelle. Il recouvre également une dimension sociale et politique animée par un puissant désir de corriger certains déséquilibres sociaux en participant concrètement à la vie de la cité. De ce fait, contrairement aux idées reçues, le régime d’engagement punk rock s’avère objectivement structurant. Cet article entend en mesurer les effets à la lumière de plusieurs exemples d’expériences participatives.

Do It Yourself, or DIY, is the main form of engagement in the punk rock scene. It is the scene’s “backstage.” This engagement regime, based on celebrating action, is not restricted to its artistic and cultural dimension. It also encompasses a social and political dimension sustained by an ardent desire to correct certain social imbalances by participating actively in the life of the housing project. As a result, contrary to what is normally thought, the punk rock form of engagement objectively has a structural influence. This paper seeks to assess this influence by examining a number of examples of participatory experiences.

Nicolás Angelcos et Marie-Christine Doran

L’« expérience participative » des pobladores au Chili : entre résistance aux modes de gestion de la pauvreté et nouvelles formes de politisation

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Cet article comporte une analyse de l’« expérience participative » développée par les pobladores chiliens (habitants de bidonvilles ou de faubourgs) face aux modes de gestion de la pauvreté mobilisés par l’État. L’hypothèse que nous voudrions démontrer est que l’implantation des stratégies de lutte contre la pauvreté, à partir des années quatre-vingt au Chili, a été suivie d’une participation contestataire de la part des secteurs populaires, notamment par rapport aux orientations individualistes qui soutiennent le modèle politique chilien. Ce type de participation peut conformer la base des nouvelles formes de politisation du mouvement des pobladores.

This paper offers an analysis of the “participatory experience” of Chilean pobladores (slum dwellers) faced with the methods of managing poverty applied by the State. It is our hypothesis that the implementation of strategies to fight against poverty, beginning in the 1980s in Chile, led to antigovernment protests by people from working class areas, in particular against the individualist orientations that underlay the Chilean political model. This type of engagement can consolidate the base of the new forms of politicization of the pobladores movement.

Elisabetta Bucolo

L’arrière-scène participative dans les quartiers populaires de la ville de Palerme : analyse d’une réalité complexe

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L’émergence d’attitudes civiques, qualifiées ainsi au sens où elles dépassent les seuls intérêts individuels, ne peut se penser qu’en relation directe avec les liens entre individus dans leur quotidienneté, car c’est là qu’elles trouvent leurs racines. Cependant, dans les quartiers populaires de ville de Palerme en Sicile (Italie), les formes d’engagement et de participation se confrontent à la présence invasive de la criminalité organisée de type mafieux. Ainsi, il nous a semblé intéressant d’interroger la forme spécifique de l’« arrière-scène » participative dans ces quartiers. Et, plus particulièrement, le rôle qu’y jouent les habitants et les associations qui gèrent des centres sociaux polyvalents, pour élargir et généraliser la participation civique, des lieux interpersonnels aux lieux institutionnels et systémiques.

The emergence of “civic” attitudes—so called in the sense that they extend beyond solely individual interests—is only conceivable in direct connection with ties between individuals in their daily lives, as that is where such attitudes originate. In the working class districts of the city of Palermo in Sicily, Italy, however, forms of engagement and participation run up against the invasive presence of mafia-related organized crime. We therefore thought it would be interesting to explore the specific form that “behind-the-scenes participation” takes in these neighbourhoods. And more specifically, the role played by local inhabitants and associations that run multipurpose community centres in extending and generalizing civic engagement by transforming these centres from interpersonal places to institutional, systemic ones.

 

Partie 4 — Les ambivalences participatives


Mathias Kuepie et Arouna Sougane

Participation citoyenne au Mali : entre mobilisation associative et engagement politique

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Dans le cadre de cette étude, nous analysons l’engagement citoyen au Mali. Pour ce faire, nous commençons par discuter du concept de la société civile qui lui est associé. Ensuite, nous mobilisons deux sources de données (les données de l’Enquête légère intégrée auprès des ménages maliens de 2006 et les rapports administratifs des élections nationales) afin d’analyser la participation à la vie politique et associative. Les résultats montrent que même si la plupart des Maliens ont déjà participé à des activités politiques, la participation aux scrutins, qui constitue un moment majeur, n’est que l’apanage d’une faible minorité. Un autre résultat interpellant est que ce sont les catégories sociales favorisées qui participent plus aux activités politiques alors que les moins favorisées sont plus nombreuses à participer à la vie associative. Enfin, la participation associative semble favoriser la participation politique, sûrement parce que participer à des activités associatives peut faire émerger la conscience politique, mais aussi probablement parce que participer à des associations peut permettre d’accroître son influence politique.

In this study we examine citizen engagement in Mali. We begin by discussing the concept of civil society associated with such engagement. We then draw on two sources of data (the 2006 light integrated household survey [ELIM] and the national election administrative reports) to analyse involvement in political and community life. The results show that even if most Malians have already taken part in political activities, only a small minority has actually ever voted, which is a crucial form of political participation. Another finding that raises questions is that the advantaged social groups are those that participate more in political activities, whereas the less advantaged are more likely to become involved in community life through associations. Lastly, participation in associations seems to encourage political participation, most probably because community involvement can awaken political consciousness, but also no doubt because involvement in associations can help increase one’s political influence.

Charles Gaucher, Andrée Sévigny, Line Beauregard et Andréanne Guindon

Entre proximité et distance : le bénévolat dans un milieu de réadaptation

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Les transformations récentes du bénévolat ont conduit une équipe de recherche à mener une étude portant sur l’ancrage du bénévolat au sein d’un établissement de réadaptation en déficience physique. L’étude avait pour objectif de mieux comprendre les fondements sur lesquels s’appuie l’action bénévole dans cet établissement de même que les fonctions et la place qu’occupent les bénévoles dans les programmes. L’analyse des données récoltées dans le cadre de cette recherche a fait ressortir l’importance de conserver un équilibre entre la neutralité thérapeutique et la proximité affective des bénévoles de même qu’entre l’espace clinique et relationnel qu’ils occupent. Des pistes d’actions sont suggérées afin de conserver cet équilibre central à l’engagement libre et pertinent des bénévoles impliqués dans le milieu de la réadaptation.

Recent changes in volunteer work prompted a research team to conduct a study on the attachment of volunteer workers in a physical disability rehabilitation facility. The objective of the study was to gain a better understanding of the foundations underlying volunteer work in the facility, as well as the functions and roles of the volunteers in the programs. Analysis of the data gathered for the study highlighted the importance of maintaining a balance between therapeutic neutrality and the emotional bonds of the volunteers, as well as between the clinical space and the relational space they occupy. Some possible courses of action are suggested for maintaining this equilibrium essential to the free, appropriate engagement of volunteers in the area of rehabilitation.

Isabelle Marchand et Oscar E. Firbank

Le vieillir actif des femmes aînées : conceptualiser la citoyenneté au quotidien

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Dans le cadre de cet article, nous proposons une réflexion sur la citoyenneté sociale et politique des femmes qui avancent en âge au regard du référentiel du vieillissement actif et de la logique « d’activation » qui le sous-tend. Après avoir présenté ce référentiel, nous exposons quelques déconstructions qu’a subies entre autres le modèle marshallien de la citoyenneté moderne en ce qui a trait à l’inclusion des femmes et d’autres groupes sociaux en marge des conceptions classiques de la citoyenneté. Nous discutons enfin des fondements théoriques d’une citoyenneté empirique, ancrée dans les réalités diversifiées des pratiques du quotidien caractérisant le vieillir actif au féminin ainsi que des enjeux méthodologiques que soulève une telle perspective.

In this paper we examine the issue of the social and political citizenship of elderly women with reference to the concept of active aging and the “activation” logic that underlies it. After presenting this frame of reference, we set out some of the ways in which Marshall’s model of modern citizenship, among others, has been deconstructed with respect to the inclusion of women and other social groups on the margins of the classical conceptions of citizenship. Lastly, we discuss the theoretical foundations of empirical citizenship, anchored in the diverse realities of the day-to-day practices that characterize women’s active aging, as well as the methodological issues that this perspective raises.