Logement et luttes urbaines

Dans le contexte actuel de crise que traversent la majorité des pays capitalistes avancés, les interventions gouvernementales à l’égard du développement des villes, de l’aménagement des quartiers, de la mise en place des équipements et services communautaires (…)

 

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TABLE DES MATIÈRES

 

Le comité de rédaction

Présentation du numéro

Article complet

 

Logement et luttes urbaines


 

Suisse

Section préparée par le comité de rédaction suisse

 

Le comité de rédaction suisse

[Sans titre]

Article complet

Daniel Dind

Une grève de locataires à Genève

Résumé / AbstractArticle complet

Il existe trois grands ensembles modernes construits à la périphérie de la ville de Genève au cours des années soixante dans lesquels les habitants ont décidé de faire la grève des loyers pour protester contre de trop fortes hausses. L’intérêt de ces luttes est que ces grèves se sont produites dans les secteurs HLM de ces cités satellites, dans des immeubles qui souvent appartiennent à des syndicats ouvriers. Les habitants se sont donc trouvés, pour plusieurs d’entre eux, en conflit direct dans le domaine de la vie hors travail avec les organisations ouvrières auxquelles ils sont affiliés comme travailleurs. L’article décrit la lutte, discute du rapport entre les luttes dans les lieux de production et les luttes visant à l’amélioration des conditions de la vie quotidienne et enfin analyse les rapports entre l’État et les syndicats en ce qui a trait à l’habitat.

Rent Strikes in Geneva

Tenants in three huge low-income housing complexes, built on the outskirts of the city during the sixties, have recently organized massive rent strikes. One of the more interesting aspects of these conflits was the fact that these buildings are owned by trade-union investment corporations. Many of the tenants thus found themselves in direct conflict with their own union organization. The article describes the struggle and raises questions concerning the difficulties in co-ordinating struggles in the workplace with struggles in other spheres of daily life. The relationships between the State and trade-unions on urban issues is also discussed.

Jean-Pierre Aebersold et Daniel Dind

Urbanisme et vie locale : une expérience d’information-consultation dans un quartier de Genève

Résumé / AbstractArticle complet

La ville de Genève a entrepris une étude de l’aménagement de son territoire à laquelle elle a voulu associer la population, notamment au plan de l’information. Un groupe pluridisciplinaire (architectes, travailleurs sociaux, militants de groupes d’habitants) a été constitué en vue d’élaborer des stratégies de consultation des habitants. Trois cents personnes ont participé à des discussions relatives à l’avenir de leur quartier et ont rédigé un « Cahier des besoins ». Quelle signification publique faut-il accorder à un tel processus ? Comment prendre en compte la diversité des besoins exprimés ? Quelles suites donner à cette démarche ?

Town Planning and Neighbourhood Life: an Attempt at Participatory Consultation in Geneva

The city of Geneva has undertaken a vast urban renewal programme which includes provisions for input from citizens. A multidisciplinary task force including architects, social workers and neighbourhood activists was set up to work out the consultation procedures. Three hundred people participated in the discussion concerning the future of their neighbourhood and drew up a « white paper » outlining their needs. This article looks at the political significance of this project and discusses a certain number of problems that were encountered.

Daniel Marco

Quartier des Grottes et École d’architecture

Résumé / AbstractArticle complet

L’École d’architecture de Genève soutient les luttes des habitants du quartier des Grottes de deux façons. Professeurs et étudiants y participent directement d’une part, mais aussi ils élaborent des contre-projets d’architecture et d’urbanisme qui font échec aux plans mis de l’avant par les promoteurs immobiliers et la Municipalité. Cette forme de soutien à la lutte des Grottes s’inscrit dans le projet pédagogique de l’École qui expérimente un nouveau mode d’organisation de l’enseignement et de la recherche.

The Role of the Geneva School of Architecture in Urban Struggles

The Geneva School of Architecture has been particularly active in supporting the struggles of the residents of the « Grottes » neighbourhood in two ways. First of all, students and professors have participated directly in these struggles. In addition, they have helped to draw up viable alternative urban improvement projects that are in opposition to the projects proposed by developers and City Hall. These forms of support for urban struggles are part and parcel of an attempt to develop a new way of teaching and researching urban problems.

Michel Toche

Action populaire aux Grottes

Résumé / AbstractArticle complet

Le quartier des Grottes est situé à Genève. Près de 75% des immeubles de ce petit quartier appartiennent à la Municipalité. Depuis plus de dix ans, il est l’objet de plans successifs de rénovation auxquels s’opposent les habitants réunis en association : l’Action populaire aux Grottes. Celle-ci est parvenue jusqu’ici à faire échec au projet de démolition/reconstruction totale du quartier en réoccupant les logements et commerces vacants. À ces actions la Ville a répondu par des expulsions manu militari qui ont eu pour effet de provoquer un large soutien dans la population à la cause de cette lutte exemplaire.

Citizen Struggles in the « Grottes » Neighbourhood of Geneva

Nearly 75% of the buildings in this little working-class neighbourhood of Geneva are owned by the City. For ten years now, various urban renewal projects have met with strong opposition from the defense committee set up by local residents. This committee has been able to prevent wide-scale demolition and reconstruction up until now by organizing occupations of vacant housing and businesses. Broad public support for the squatters has foiled attempts by the city to proceed with eviction notices.

 

Belgique

Section préparée par C. Buysse, J. Lenoir, A. van der Beken, R. van Malder, C. van Uffel, M.C. Verheyden, P. Werts

 

Jo Dustin

Chronique du Comité d’action des transports urbains

Résumé / AbstractArticle complet

Ce texte est une chronique rapide des actions menées par un comité bruxellois qui veut rendre la ville aux piétons et aux cyclistes.

Né en 1972, le C.A.T.U. a entrepris diverses démarches de sensibilisation par le moyen d’un mensuel, d’un montage audiovisuel, d’une randonnée cycliste à travers Bruxelles rassemblant plus de 2,000 usagers, etc.

Le C.A.T.U. sert de coordonnateur entre les formations syndicales, des comités de quartier, des partis progressistes, des mouvements de jeunes. Il s’est opposé en 1978 à une augmentation des tarifs des Transports urbains. Certains groupements se réclamant de la « nouvelle gauche » pratiquèrent des auto-réductions dans les bus, les trams, le métro. En 1980, nouvelle augmentation, nouvelle opération « Train gratuit » en Wallonie et dans certaines gares de Bruxelles.

The Urban Transport Action Committee

This article sketches a rapid portrait of the Urban Transport Action Committee which defends the rights of pedestrians and cyclists in Brussels.

Founded in 1972, the UTAC has sought to arouse public concern through a variety of means: a monthly publication, a slide show and a protest demonstration by cyclists.

The UTAC works in close collaboration with trade-union organizations neighbourhood groups, progressive political parties and youth groups. In 1978 they organized opposition to rate increases in public transport. Boycotts of rate increases were organized by certain « new left » groups. In 1980, rates were raised again and new boycotts were organised.

A. Croegaert et P. Dailly

Développement et enjeux de l’action du « 25 » à Marcinelle

Résumé / AbstractArticle complet

Le quartier du « 25 » est situé dans la banlieue de Charleroi, au coeur d’une région en voie de restructuration économique. Ce quartier est, depuis plusieurs années l’objet de plans de rénovation qui tiennent peu compte des habitants, en majorité immigrés, et de l’environnement, témoin d’un riche passé industriel et social.

L’association du « 25 », constituée en 1978, se veut le porte-parole de ces intérêts sociaux et culturels. Elle cherche à permettre aux habitants de prendre leur place dans le quartier, d’y réaliser progressivement ce qu’ils veulent, si nécessaire avec l’aide de personnes extérieures en évitant au maximum que ces intervenants ne supplantent la demande des intéressés.

Le « petit coin du 25 », maison de quartier en voie d’aménagement, apparaît actuellement comme la cheville ouvrière du projet de l’association : partir des demandes individuelles, souvent très concrètes et ponctuelles, des habitants (problèmes de plomberie, d’électricité de leur habitation mais aussi soucis quant à la scolarité et aux loisirs des enfants), en essayant d’insérer ces demandes dans un projet collectif.

Citizen action in Neighbourhood « 25 »

Neighbourhood « 25 » is located in the suburbs of Charleroi in the heart of a region that is in the throes of severe economic difficulty. This neighbourhood has been threatened now for several years by vast urban renewal projects which take little account of the interests of the residents who are mostly immigrant workers and even less of the rich social and industrial history of the area.

The « 25 » committee, founded in 1978, defends the social and cultural objectives of the residents. It seeks to make the voice of the people more powerful and effective. Technical resource people from the outside are occasionaly called in but every effort is made to ensure that they de not deviate the committee from its fundamental objectives.

A Neighbourhood Association Center is a key factor in the success of the committee. The individual needs of various residents (which range from plumbing and electricity repairs to educational and recreational facilities) are dealt with in a manner that seeks to reinforce a positive collective identity.

Dirk Cosyns

La Neefsteeg à Anvers

Résumé / AbstractArticle complet

L’auteur de l’article relate les étapes d’une lutte menée par des habitants menacés d’expulsion, dans un quartier d’Anvers.

On y découvre comment, à travers leurs difficultés, leurs échecs, leurs victoires, les personnes concernées sont arrivées à se mobiliser, à s’organiser; comment elles en sont venues à faire appel à la solidarité ouvrière au delà du quartier et à donner des prolongements à l’action ponctuelle.

On y lit comment le passage d’une position de défense à une action offensive appuyée sur la législation permit d’obtenir des résultats positifs.

Urban Struggles in the « Neefsteeg » Neighbourhood in Anvers

The author relates the struggle against eviction procedures in a neighbourhood in Anvers. The successes and failures of the residents in their attmpts to organize widespread, long term struggles in conjunction with various workers’ movements are described in detail.

The article describes how the citizens were able to take the initiative in their struggle using legal means.

Marcel Gerard

La Fédération nationale des habitants de cité

Résumé / AbstractArticle complet

En février 1973, quelques comités regroupant des locataires de logements sociaux (logements financés par l’État, par l’intermédiaire de la Société Nationale du Logement) se sont retrouvés. Tous, ils réalisent un travail syndical, regroupant des locataires pour défendre collectivement leurs intérêts.

Ainsi est née la Fédération Nationale des Habitants de Cité.

Défense juridique, dossiers, soutien des comités locaux, confrontation des expériences, négociations et affrontements avec les pouvoirs publics : tel est le travail rendu possible par ce regroupement de comités.

Travail réalisé avec les habitants et non pour eux.

The National Federation of Public Housing Residents

In February 1973, tenants unions in public housing projects joined together to form the National Federation Of Public Housing Residents.

This article describes the various tasks of the Federation: research, legal aid, local support committees and negotiation and confrontation with local authorities.

These activities are organized with the residents and not for them.

Nicole Brasseur et Cécile Buysse

Bruxelles, dix ans d’actions communautaires dans les quartiers soumis à la rénovation urbaine

Résumé / AbstractArticle complet

Le Quartier Nord et le Botanique, deux quartiers populaires de Bruxelles, ont fait l’objet au cours des dix dernières années de projets de rénovation dont les conséquences sociales étaient l’expulsion de la population résidante. Des comités de lutte se sont donc constitués avec l’appui de travailleurs sociaux pour faire échec à ces projets. Dans le premier cas, il n’a pas été possible de contrer la transformation de l’espace urbain; par contre dans le second cas, et grâce en partie aux enseignements de la lutte au Quartier Nord, il n’a pas été possible aux promoteurs de réaliser leur projet. La Municipalité a appuyé les habitants et un projet de réhabilitation du quartier partiellement contrôlé par le Comité de lutte a remplacé les plans de rénovation-démolition initiaux. Des réflexions méthodologiques relatives à la mobilisation de la population concluent l’article.

Ten Years of Community Action in Brussels

The North and Botanical neighbourhoods of Brussels have been the target for urban renewal projects that resulted in the eviction of local residents. Neighbourhood action committees working in conjunction with community organizers have sought to oppose these projects. In the first neighbourhood, it was not pssible to prevent urban renewal but in the second, the developers were not able to execute their project. The City finally gave in to residents’ demands and a new project was drawn up in which the resident associations have an important say. The article discusses a number of questions on strategy and tactics that were raised during these struggles.

René Borremans

La Cambre : une école d’architecture originale soumise au processus de normalisation

Résumé / AbstractArticle complet

L’Institut Supérieur d’Architecture de l’État, La Cambre, était réputé pour les caractéristiques de son enseignement : pluraliste, critique, développant des analyses et des projets originaux, ouvert aux courants architecturaux liés aux luttes urbaines.

Au cours de l’été 1979, des décisions ministérielles entraînèrent le licenciement de la moitié du corps professoral.

Un système d’enseignement était brisé.

Face aux décisions prises, la lutte s’est organisée dans l’institution mais a échoué : les enseignants ne sont pas réintégrés.

Aujourd’hui, la lutte se poursuit sous la forme de la création, par les enseignants exclus, d’une nouvelle école.

L’article retrace brièvement les événements en s’interrogeant sur les raisons qui firent échouer la lutte dans l’institution.

The Domestication of an Experimental School of Architecture

The State School of Architecture, La Cambre, had a reputation for being one of the most original schools of its kind. It was unique in that it attempted to develop alternative teaching methods were intimately related to urban struggles.

During the summer of 1979, government action resulted in the firing of one half of the teaching staff. Vigorous opposition to these measures was unsuccessful but the professors have now opened an alternative school.

This article summarizes the events that occurred and attempts to analyse why the opposition to government measures was not more effective.

Henri Delasi

Le mouvement ouvrier et la question urbaine à Bruxelles (1968-1978)

Résumé / AbstractArticle complet

Quelles ont été vis-à-vis de la question urbaine les positions et les attitudes du mouvement ouvrier à Bruxelles au cours des dix dernières années (1968-1978) ?

La question urbaine renvoie, selon l’auteur, à deux séries de problèmes : ceux qui concernent l’aménagement du territoire, sa division sociale et technique; ceux qui découlent de la production, la distribution et la gestion des moyens collectifs de consommation : logement, éducation, transports, santé, équipements collectifs.

En ce qui concerne la problématique de l’aménagement du territoire et de la politique foncière, l’auteur constate que le mouvement ouvrier a pris en charge ces domaines principalement à travers ses revendications et ses actions à l’égard du logement. À propos des stratégies déployées par les organisations ouvrières, on précise quelles attitudes elles adoptèrent vis-à-vis des organisations extérieures au mouvement ouvrier : groupes de pression spécialisés (professionnels de l’urbanisme ou de l’environnement en lutte contre un aménagement et une gestion technocratiques de la ville), associations de locataires, groupements d’habitants, comités de quartier, etc.

En ce qui concerne la problématique des moyens collectifs de consommation, l’auteur relève qu’en Belgique la politique extra-entreprise et, notamment, celle des transports, de la santé, etc. est relativement autonomisée par rapport à la politique de l’entreprise; il n’y aurait donc pas de conjonction des problèmes liés à la consommation collective et de ceux liés au marché du travail. Cette situation résulterait du fait que, dès leur origine, les mouvements ouvriers belges se sont toujours préoccupés de la consommation collective en mettant en place des coopératives d’achat, des « maisons du peuple », etc. De plus, le mouvement ouvrier a évolué vers une particularisation et une spécialisation des tâches aboutissant parfois à de véritables cloisonnements. Un effort de reglobalisation des problèmes et de l’action pourrait toutefois se dessiner par le biais de la régionalisation du territoire et d’une problématique du développement régional.

The Trade-Union Movement and Urban Struggles in Brussels: 1968-1978

What has been the attitude of the union movement to urban struggles in Brussels over the last ten years, (1968-1978)?

The author attempts to answer this question by identifying two distinct types of problems:(1) problems which relate to the social and technical consequences of urban planning; and (2)problems related to the production, distribution and management of public services such as housing, schools, transportation and health and recreational facilities.

The article decribes the role played by trade-unions in urban planning programmes and municipal taxation policies as well as the alliances with particular pressure groups such as progressive town planners, tenants unions, neighbourhood groups, etc.

The role played by trade-union in public service issues is somewhat less impressive. Trade union action on such issues as transportation and health has generally been divorced from the mainstream of union action. This situation is partially due to the fact that traditionally, Belgian trade unions have sought to encourage cooperatives or parallel services for its members rather than directly contesting government policies. New perspectives seem in the offing however, as workers organizations take more and more of an interest in regional development.

 

Québec

Section préparée par Pierre Hamel

 

Pierre Hamel

[Sans titre]

Article complet

Pierre Hamel et Jean-François Léonard

Ambivalence des luttes urbaines et ambiguïté des interventions de l’État

Résumé / AbstractArticle complet

L’article rend compte d’une façon synthétique de l’évolution des mobilisations populaires à Montréal sur les conditions de vie depuis les débuts des années 60, particulièrement autour de la question du logement. Ce qui semble caractériser le plus profondément ces mobilisations c’est avant tout leur ambivalence tant sur le plan de l’organisation que des moyens d’action à l’égard de l’idéologie dominante.

De plus il est important de noter que malgré une certaine radicalisation au plan idéologique, les militants et les organisations continuent à être aux prises avec les mêmes difficultés, comme s’il n’y avait pas eu de transformation des pratiques, comme si elles n’étaient pas parvenues à se donner les moyens organisationnels et politiques qui leur auraient permis d’évoluer.

Mais ces difficultés ne tiennent pas uniquement aux problèmes que rencontre la gauche ; elles s’expliquent également par la nature des transformations qui ont marqué l’espace montréalais depuis une vingtaine d’années de même que par le rôle ambigu qu’y a joué l’État et surtout le pouvoir municipal. Celui-ci mettait de l’avant un profil de gestion qui, en garantissant un appui aux investisseurs et promoteurs défendait une image d’interventionnisme ad hoc, occultant de ce fait son rôle politique véritable.

The Ambivalence of Urban Struggles and the Ambiguities of State Action

This article briefly outlines the main urban struggles in Montreal since the beginning of the sixties, particularly in relation to housing problems. Perhaps the most striking characteristic of these struggles has been the ambivalence which has constantly plagued the strategy and tactics of the organizations involved.

The authors point out that in spite of a certain ideological radicalization, the groups involved seem to have been unable to develop new strategies of action together with the organizational and political tools necessary to make them effective.

But these difficulties are not only due to problems within the Left. The authors argue that these problems are directly related to the nature of urban growth in Montreal over the last twenty years and especially to the ambiguous role of the State which has pursued a policy of erratic, ad-hoc intervention generally favourable to investors and developers.

Gilles Lauzon et Marcel Sévigny

Le Service d’aménagement populaire et les coopératives

Résumé / AbstractArticle complet

Le Service d’aménagement populaire (S.A.P.) est né d’une expérience de liaison aux milieux populaires de la part d’un groupe d’étudiants en architecture à l’Université de Montréal sur la base d’une Clinique d’aménagement autogérée par les participants. La Clinique venait en aide aux groupes de locataires qui luttaient contre les évictions ou les hausses de loyers ou voulaient mettre sur pied des coopératives d’habitation.

En septembre 1977 les étudiants décident de poursuivre l’expérience de la Clinique en dehors des murs de l’Université de Montréal et demandent, pour ce faire, une subvention gouvernementale pour l’aide à la mise sur pied de coopératives d’habitation qui finançait, dans ce cadre, des Groupes de ressources techniques (G.R.T.).

L’article présente la situation et les problèmes que rencontre présentement le mouvement des coopératives d’habitation au Québec. Il traite également des problèmes concrets d’intervention que rencontrent autant les coopérateurs que les membres des G.R.T. Plus fondamentalement il soulève la question de l’enjeu des coopératives comme moyen pour lutter contre les diverses formes de centralisme en faisant appel à la perspective autogestionnaire.

The People’s Urban Planning Center and Housing Co-ops

The People’s Urban Planning Center was founded by a group of students in architecture at the University of Montreal to support tenant interests.

In September 1977, the students decided to work outside the university structures and sought government financing in order to set up a Technical Resources Group to help launch housing co-ops.

The article explains the situation that developed and describes the problems that the housing co-op movement has had to deal with in Quebec. A discussion on the political significance of co-operatives as a means of fighting increasingly centralized State control concludes the article.

Jean-Guy Laguë et Claude Watters

Les Habitations communautaires du Centre-Sud : dépasser l’action de quartier

Résumé / AbstractArticle complet

Les Habitations communautaires du Centre-Sud de Montréal ont été mises sur pied en 1971 pour conserver le stock de logements bâtis et favoriser le contrôle de la vie du quartier par les citoyens. Afin de se donner de meilleurs moyens d’action et de porter leur action à l’échelon provincial les Habitations communautaires ont proposé, à l’automne 1978, une rencontre des organisations populaires également touchées par les programmes d’amélioratons de quartier (P.A.Q.). C’est à la suite de cette rencontre que l’on décidera d’entreprendre une action commune en créant le Front d’Action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

L’article expose le contexte ainsi que le mode d’intervention et les acquis des Habitations communautaires. De plus il présente les principales revendications actuellement mises de l’avant par le FRAPRU. Enfin les auteurs proposent quelques éléments d’évaluation et de bilan de leur pratique.

Going Beyond Neighbourhood Action

The Community Housing project in a urban core neighbourhood of Montreal was set up in 1971 in order to protect existing housing and to increase citizen control of neighbourhood life. In September of 1978, a province-wide organization was created to co-ordinate action by citizen groups affected by government urban renewal programmes.

This article describes the situation encountered by the Community Housing Project and the main lines of action for the provincial organization. The authors propose a preliminary evaluation of the successes and failures of these groups.

Jules Patenaude

La mobilisation des locataires au Comité de logement Rosemont

Résumé / AbstractArticle complet

Le Comité de Logement Rosemont regroupe des locataires et des militants dans un quartier de travailleurs au nord-est du centre-ville de Montréal. L’article présente les principales activités du comité, sa participation au Regroupement pour le Gel des Loyers qui est une coalition d’organisations populaires sur le logement menant une lutte commune contre les augmentations de loyer depuis 1978 ainsi que son mode d’organisation et de fonctionnement.

De plus l’article vise à cerner les problèmes de mobilisation auxquels doivent faire face les militants en ce qui a trait plus particulièrement à la participation des locataires au comité. Finalement l’auteur propose quelques jalons qui devraient permettre aux militants du comité de poursuivre un bilan collectif.

The Rosemount Housing Committee

The author describes the activities and organizational methods of the Rosemount Housing Committee which has participated actively in a broad-based coalition movement in favour of a rent freeze in Quebec.

As well, the article points out the problems that have been encountered in mobilizing tenants effectively and suggests some guidelines for group reflexion.

Thérèse Stanhope et Pierre Hamel

Les luttes de locataires de H.L.M.

Résumé / AbstractArticle complet

Les locataires de H.L.M. au Québec sont confrontés depuis plusieurs années à divers problèmes liés au mode gestion des H.L.M. et aux politiques gouvernementales de logement.

En mai 1979 les locataires de H.L.M. de toutes les régions du Québec mettaient sur pied une Association provinciale des locataires de logements municipaux. Cette association répondait avant tout à un besoin de solidarité. Mais elle correspondait également à un besoin d’organisation étant donné que certaines questions, comme l’échelle des loyers, ne se traitent qu’au niveau provincial.

Cette entrevue fait en quelque sorte un survol des problèmes et des difficultés que rencontrent les locataires de H.L.M. Mais elle traite aussi des perspectives d’action que l’on peut maintenant entrevoir.

Public Housing Struggles in Quebec

Tenants in Quebec have been active in struggles related to the management of public housing projects and government housing policy in general.

In May 1979, tenants in public housing formed a provincial association in order to be more effective in their action against increasingly centralized government control.

This interview gives an overview of the problems and difficulties that public housing tenants have had to face and indicates the lines along which further action is being pursued.

Robert Dion et Francine Leroux

Un Centre local de services communautaires intervient sur le logement

Résumé / AbstractArticle complet

Au début des années 70, dans quelques quartiers de Montréal, on retrouvait des Maisons de quartier qui intervenaient principalement sur les questions d’aménagement.

L’exemple abordé ici est celui de la Maison de quartier de Pointe St-Charles qui, à divers moments de son évolution, a été traversée par une série d’affrontements concernant l’action communautaire.

L’article expose d’abord le contexte dans lequel est intervenue la Maison de quartier pour ensuite discuter des pratiques et de leurs projets socio-politiques sous-jacents.

Les auteurs examinent également les contradictions avec lesquelles étaient aux prises les militants et les permanents pour mieux situer et évaluer les bilans qui ont marqué la ré-orientation des modes d’intervention de la Maison de quartier.

Community Organization in Pointe St.-Charles

In the early seventies, several Neighbourhood Centers were active on urban issues. The history of the Pointe St.-Charles Neighbourhood Center is examined here with particular reference to the debates on the various orientations of community action.

The authors seek to analyse the social contradictions that underlay these debates.

Robert Couillard et Robert Mayer

La pratique d’organisation communautaire à la Maison de quartier de Pointe Saint-Charles (1973-1978)

Résumé / AbstractArticle complet

Au début des années 70, dans quelques quartiers de Montréal, on retrouvait des Maisons de quartier qui intervenaient principalement sur les questions d’aménagement.

L’exemple abordé ici est celui de la Maison de quartier de Pointe St-Charles qui, à divers moments de son évolution, a été traversée par une série d’affrontements concernant l’action communautaire.

L’article expose d’abord le contexte dans lequel est intervenue la Maison de quartier pour ensuite discuter des pratiques et de leurs projets socio-politiques sous-jacents.

Les auteurs examinent également les contradictions avec lesquelles étaient aux prises les militants et les permanents pour mieux situer et évaluer les bilans qui ont marqué la ré-orientation des modes d’intervention de la Maison de quartier.

Community Organization in Pointe St.-Charles

In the early seventies, several Neighbourhood Centers were active on urban issues. The history of the Pointe St.-Charles Neighbourhood Center is examined here with particular reference to the debates on the various orientations of community action.

The authors seek to analyse the social contradictions that underlay these debates.

Gérald Doré et Denis Plamondon

Les pratiques urbaines d’opposition à Québec

Résumé / AbstractArticle complet

À Québec les interventions des premiers comités de citoyens se situent à la fin des années 60 dans un contexte de re-développement urbain.

Après avoir présenté d’une façon synthétique l’ensemble des organisations intervenant sur les enjeux urbains dans la ville de Québec, les auteurs font porter leur analyse sur deux exemples de lutte en faisant ressortir les différences tant au plan des enjeux qu’au plan de la composition de classe de la base sociale. Qu’est-ce qui fait que l’on débouche sur une victoire plutôt que sur une défaite ? Quelques hypothèses explicatives sont énoncées.

Enfin les auteurs considèrent les perspectives de lutte sur les conditions de vie.

Urban Struggles in Quebec City

This article briefly retraces the history of citizen groups in Quebec City since the late sixties. Two examples of urban struggles are examined in detail in a attempt to better understand the relationship between the issues that are raised and the social classes of the people involved. What are some of the factors that influence the success or failure of a struggle? A tentative framework for analysis is proosed.

The last part of the article examines the present situation of groups involved in quality of life struggles.

Pierre Racicot

Le Rassemblement populaire de Québec et les Comités de citoyens

Résumé / AbstractArticle complet

Le Rassemblement des Citoyens de Québec (R.C.Q.) est un parti politique municipal fondé en 1977.

L’article présente les principales caractéristiques de ce parti en reprenant les débats et les affrontements qui ont présidé à sa formation. L’aspect majeur que l’auteur situe au centre de son analyse concerne le mode de relations que le parti a réussi à établir avec les comités de citoyens. Il termine par quelques remarques sur les perspectives d’action politique qui semblent présentement se dégager pour le R.C.Q.

Progressive Municipal Politics in Quebec City and the Role of Citizens Groups

The Quebec Citizens Movement is a municipal political party that was founded in Quebec City in 1977.

This article proceeds to give a brief description of the QCM and summarizes the crucial debates that have marked its existence. The author focusses on the relationships that have developed between this party and various citizen groups. He concludes with a few comments on the prospects for effective political action by the MCQ at the present time.

Marc Bachand

Comités de citoyens et enjeux urbains à Hull

Résumé / AbstractArticle complet

Hull est une ville régionale de 60,000 habitants collée sur la capitale nationale, Ottawa.Hull est une ville régionale de 60,000 habitants collée sur la capitale nationale, Ottawa.

Au cours du processus de transformation de sa structure industrielle, qui a entraîné l’exode d’une partie de la population résidante, remplacée par une population nouvelle à l’emploi du gouvernement fédéral, la ville entreprit la rénovation urbaine des quartiers défavorisés entraînant l’éviction de la population.

L’article après avoir décrit le contexte dans lequel sont apparus les comités de citoyens à Hull construit une périodisation de leur évolution qui renvoie à une série de coupures idéologiques ou de temps forts en termes de ré-orientation des modes d’intervention.

L’action de ces comités fait appel à diverses catégories d’intervenants — membres du clergé, organisateurs communautaires, représentants de partis politiques, etc. — qui véhiculaient souvent des intérêts contradictoires. Ainsi se trouve éclairée la dynamique qui a traversé l’évolution de ces organisations populaires.

Citizen Groups and Urban Issues in Hull

Hull is an important regional center of about 60,000 people, located directly across the river from the national capital of Ottawa. Over the last several years, the traditional indsutrial vocation of the city has been progressively replaced by administrative employment related to the federal government. This process has been paralleled by an urban renewal programme that has radically changed the social composition of the city.

This article attempts to describe and analyse actions of the various citizens which were active in urban issues. The author pays particular attention to the roles played by different social groups such as the clergy, community organizers, political activists, etc.

Gérald Larose et Pierre Hamel

Syndicats et organisations populaires : élaboration d’une perspective de lutte sur les conditions de vie

Résumé / AbstractArticle complet

Depuis plusieurs années la présence du mouvement syndical aux côtés des organisations populaires sur le terrain des conditions de vie a souvent été intermittente et n’a pas permis de déboucher sur une stratégie à long terme.

Au printemps dernier le Conseil Central de Montréal de la Confédération des Syndicats Nationaux (C.S.N.) organisait un Sommet populaire pour amorcer un débat avec les organisations populaires concernant les conditions de vie et les enjeux du développement de la région métropolitaine par rapport aux perspectives d’action et de lutte qu’il serait possible de définir conjointement.

Dans cette entrevue on aborde principalement les raisons qui ont motivé le Conseil Central à lancer ce sommet de même que les suites qu’il en attend.

Trade-Unions and Citizen Groups: Towards Common Action on Quality of Life Issues

Common action between the trade-union movement and citizen groups has been, at best, sporadic and no solid long term alliances have existed.

In the spring of 1980 however, the Montreal Council of National Trade-Unions (CCSNM) held a people’s « summit meeting » to discuss concrete possibilities of joint action with citizen groups on quality of life issues.

This interview attempts to outline the reasons why the Montreal Council took this initiative and the results it hopes to attain.

 

France

Section préparée par Elisabeth Maurel et Guy Saëz

 

Guy Saëz

[Sans titre]

Article complet

Michel Wieviorka

Luttes urbaines : leurs acteurs et les chercheurs

Résumé / AbstractArticle complet

Même si les luttes urbaines se déploient en dehors de la production pour se situer dans le champ de la vie hors travail, de la consommation collective, de la reproduction, elles ont le plus souvent été vécues et traitées, au début des années 70, dans les catégories du mouvement ouvrier et de la lutte anticapitaliste.

À travers l’histoire récente des luttes urbaines en France, que synthétise brièvement l’article, se dessine un nouvel axe de ces luttes qui ne se réfère plus à une problématique marxiste. Ceux qui manifestent à vélo contre l’automobile en ville, ceux qui mettent en cause des projets d’autoroute, des plans d’urbanisme, etc. ne le font guère en termes anticapitalistes. L’action tire son sens d’elle-même, elle n’est pas interprétée comme étant celle du mouvement ouvrier. Elle articule des revendications précises à une contestation générale de la croissance et de ses conséquences. Elle mêle ainsi la défense d’intérêts particuliers, une critique culturelle et une critique démocratique du mode de gestion étatique de l’urbain. Cet axe récent des luttes urbaines pose de nombreux problèmes à l’analyse. L’auteur esquisse à leur sujet une série d’hypothèses.

Urban Struggles: Actors and Researchers

Even if urban struggles generally take place outside the workplace, and are more concerned about the quality of daily life, during the early seventies these struggles were often organized and dealt with in terms of a more general struggle against capitalism.

The more recent struggles in France however, that this article describes, no longer seems to have a marxist orientation. On the contrary, citizen action against private transportation, autoroutes and urban renewal projects is now rarely explained in terms of an anticapitalist struggle. These actions are seen as legitimate in themselves and are no longer portrayed as struggles of the workers’ movement. Demands are more related to a general questioning of the benefits of growth and development. This contestation raises questions about culture and democracy in daily life. This new orientation poses several analytical problems which the author seeks to identify more clearly.

Jean-Pierre Garnier

Vers la « local-démocratie »

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Il convient de s’interroger sur la portée « anti-capitaliste » qu’on est tenté d’attribuer aux luttes sur le « cadre de vie ». Les luttes urbaines ont effectivement participé au « changement social », mais dans le cadre structurel des rapports de production capitalistes. Les luttes urbaines ont à la fois incité et aidé la bourgeoisie à renouveler les formes de son hégémonie en érigeant le « local » en point d’appui privilégié d’un processus de social-démocratisation qui n’avait pu se réaliser au niveau central. Pour pouvoir renouveler les formes de son hégémonie en érigeant le « local » en point d’appui privilégié d’un processus de social-démocratisation qui n’avait pu se réaliser au niveau central. Pour pouvoir gouverner « à droite », la classe dirigeante a dû laisser une autre classe administrer le pays « à gauche » : la nouvelle petite-bourgeoisie intellectuelle et technicienne. Les nouvelles couches moyennes conquièrent le « pouvoir local » en investissant les branches « décentralisées » de l’appareil d’État pour établir leur hégémonie sur les classes populaires dans des zones bien délimitées. C’est pourquoi le rôle des instances locales est devenu si essentiel. À travers la question du « pouvoir local », on assiste à la mise en place d’un nouveau mode de gestion étatique de la société civile.

The Ambiguity of Local Democracy

It is perhaps useful, suggests the author, to question the so-called « anti-capitalist » nature of quality of life struggles. It is true that urban struggles have often contributed to social change, albeit within the structural framework of capitalism. Urban struggles have both forced and helped the dominant classes to rejuvenate their modes of domination and the « community » is the focal point in a « social-democratization » process of daily life that is impossible through conventional centralized State intervention. The author argues that the only way the « Right » can maintain its overall control of the society has been to let the « Left » administer the lower echelons of the State apparatus. The new middle classes have been able to occupy the seats of « local power » and are establishing new forms of local domination over the working classes.

Jacques Ion et André Micoud

L’expérience récente des Comités de quartier à Saint-Étienne

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Développés dans le double contexte, national, d’un discours consensuel sur le nécessaire renouveau de la démocratie locale et régional, d’une victoire d’une liste de gauche aux élections municipales, l’expérience des comités de quartier permet de tester, sur le cas de la ville de Saint-Étienne, le contenu et le rôle de ces nouvelles formes de groupement établis sur une base résidentielle. L’étude distingue trois types de comités définis principalement par les modes de rapport à la population qu’ils sont censés représenter ainsi que par leurs codes implicites de fonctionnement.

En conclusion, les auteurs s’interrogent sur les modifications réelles introduites par l’existence de ces comités dans le système traditionnel de gestion-représentation des populations locales.

Recent experiences of Neighbourhood Groups in Saint-Etienne

Citizen groups have sprung up recently in the city of Saint-Etienne in a context that is characterized by two main features: (1) the new political will at the national level to stimulate local and regional democracy and (2) the victory of the left-wing parties in recent municipal elections. This article attempts to analyse the content and role of these new neighbourhood organizations. Three types of committees are defined in function of the types of relationships that they have worked out with the people that they are supposed to represent.

The author examines the nature of the changes in traditional municipal politics that these groupes have been able to bring about.

Bernard Roudet

Participer à la vie locale : le cas de Meylan

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Meylan est une petite commune de l’agglomération de Grenoble qui a attiré l’attention de nombreux observateurs en raison du développement extraordinaire de la vie associative. Meylan est gérée depuis 1971 par une équipe d’orientation socialiste dont l’élection est le signe de l’émergence sur le plan communal de nouvelles couches sociales moyennes et supérieures.

La vie sociale à Meylan est pensée en termes de vie associative, dans une perspective de gestion communautaire de la cité. Mais ce projet participatif n’est pas sans ambiguïté. Il met en évidence la contradiction dans laquelle se trouve toute association prise entre les nécessités de la gestion d’un espace urbain et la spécificité des pratiques qui s’y inscrivent. Quelles sont dès lors les conditions d’une réelle démocratisation de la vie locale ?

Citizen Participation in « Meylan »

Meylan is a little municipality located within the metropolitan area of Grenoble that has attracted considerable attention due to intense activity of community groups. The election of a Socialist slate to City Hall in 1971 was largely due to the presence of new middle and upper-middle classes on the local scene.

Community groups play an important role in the daily life of Meylan as they seek to develop new methods of neighbourhood management but their policy of citizen participation is ambiguous. These groups are caught in the bind between the necessity to establish effective management procedures and the necessity to respect the particular characteristics of each neighbourhood. The author seeks to elucidate the conditions that are necessary for a real democratization of community life.

Lucien Nizard

De l’importance de la distance entre représentants et « prétendus représentés » dans certaines luttes urbaines : le cas du Sillon de Bretagne

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Le Sillon de Bretagne est un ensemble immobilier réalisé à Nantes. Le projet du Sillon entendait prouver que la ségrégation sociale et ses effets pouvaient être réduits, sinon transformés par une architecture et une gestion sociale adéquates. Mais les contraintes économiques, juridiques, politiques ont été bien plus fortes que prévu.

L’article montre comment la façon d’utiliser l’habitat et de l’apprécier tient plus à la structuration sociale qui situe globalement tel individu, à l’ensemble de son activité d’individu productif, qu’à la structure architecturale qui prétend définir les places, les fonctions et les rôles des habitants. Les rôles sociaux permettent seuls de comprendre les rôles joués et vécus par rapport au Sillon.

À partir de ce constat, l’article explore les rapports qu’entretiennent entre eux les différents acteurs du projet : les responsables gestionnaires du projet, les représentants syndicaux des locataires et les habitants eux-mêmes. Gestionnaires et syndicalistes, même s’ils entretiennent des rapports conflictuels entre eux, sont finalement beaucoup plus « proches » les uns des autres qu’ils ne le sont tous deux des habitants. Un abîme les sépare des simples gens. Et cette situation pose l’épineux problème de la légitimité de la représentation des uns et des autres.

An Experimental Public Housing Project in Nantes

An experimental public housing project in Nantes sought to prove that the disastrous effects of ghettoization could be reduced through an architectural and management policy of social integration. Economic, legal and political constraints however, proved to be much more stubborn that had been previous realized.

This article shows how the relationships that individuals establish with their environment are much more strongly determined by their social class than by any architectural innovation that tries to define the places, roles and functions of residents.

With this in mind, the author then goes on to analyze the various actors involved in this project: the administrators, the tenants union representatives and the tenants themselves. The administrators and union representative proved to be socially, much closer to each other, in spite of real conflicts between them, than either of them were to the tenants as a whole. This situation raises the difficult questions related to ways of implementing « legitimate representation ».

Maïté Matthieu, Elisabeth Forest et Pascale Tissier

Groupes en lutte à Paris

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Trois actions de mobilisation sont relatées ici. La Confédération syndicale du cadre de vie intervient dans le 13e arrondissement pour contester avec les habitants les modalités d’établissement des impôts locaux pour les locataires; elle aide en outre un groupe de militants qui tentent d’obtenir la création d’un parc de jeux pour enfants dans le quartier.

14eL’association Vivre dans le 14e arrondissement regroupe des comités d’immeubles et des mouvements de défense du quartier. Elle a combattu avec succès la construction d’une autoroute dans le quartier, obtenu la limitation de la construction de tours d’habitation, essaie de contrôler que le réhabilitation des immeubles soit faite en fonction des intérêts de la population du quartier.

L’Atelier populaire d’architecture et d’urbanisme du Marais (APAUM) regroupe des architectes qui travaillent avec les habitants pour s’opposer aux projets de rénovation de certains îlots du quartier par des promoteurs privés, mais aussi par la société publique de H.L.M. Toutes les interventions sont élaborées en étroite association avec les habitants.

Urban Struggles in Paris

Three actions are described in detail here. In the first case, the « Confédération syndicale du cadre de vie » was active in the thirteenth « arrondissement » on the issue of local taxes for tenants. The Confederation also actively supported demands by residents for a playground in the area.

Another example is the action of the group « Vivre » in the fourteenth « arrondissement ». This is a coalition group of tenants’ unions and other neighbourhood groups that successfully prevented the construction of a freeway through the neighbourhood. As well, this group has been able to negotiate limits on the number of new high-rises to be built and is trying to control the rehousing policies that urban renewal makes necessary.

The last example described in this article concerns the work of a progressive group of architects and town planners in the « Marais » district of Paris. This group works in close collaboration with the residents in their struggle against private developers and urban renewal schemes.

 

Mexique

 

Noëlle De Roo Lemos

Participation populaire et gestion de l’habitat en Amérique latine

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À partir d’exemples de participation populaire à la gestion de l’habitat, tant rural qu’urbain, au Mexique surtout, l’article démontre que les programmes pour l’amélioration de l’habitat ne doivent pas être de simples expédients politiques destinés à tranquilliser les populations, mais plutôt le résultat d’efforts visant à améliorer l’ensemble des conditions de vie. La participation populaire ne peut pas être qu’une intervention plus ou moins volontaire de la population dans l’exécution de tâches programmées mais bien un processus actif d’intervention dans la structure du pouvoir. Les projets de développement de la vallée de Chamal (Tamaulipas, Mexique), des architectes aux pieds nus sont pour l’auteur des exemples positifs de participation populaire sur lesquels elle base se réflexion.

Citizen Participation and Housing Management in Latin America

Drawing heavily on various experiences in citizen participation concerning both rural and urban housing policies, the author argues that this participation should not be viewed as a simple device to placate public opinion but rather as an attempt to generally upgrade living conditions. Rather than being conceived of as a civic duty to help one’s community, citizen participation, if it is to mean something, must include the possibility of exercising real political power. The author gives the example of the Chamal Valley project in Mexico and the phenomenon of « bare-feet » architects, to support her case.