Familles et école

Sous la direction de Léon Bernier et François de Singly

L’histoire politique immédiate de l’obligation scolaire québécoise au milieu des années 1940 donne l’impression d’un sursaut d’activité démocratique et d’ouverture des élites, au nom des droits des parents et des droits des ouvriers, des droits universels de l’homme et des droits des femmes.

 

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TABLE DES MATIÈRES

 

Léon Bernier et François de Singly

Présentation du numéro

Article complet

 

I. École, famille et modernité


Dominique Marshall

Les familles québécoises et l’obligation scolaire, 1943-1960

Résumé / AbstractArticle complet

L’histoire politique immédiate de l’obligation scolaire québécoise au milieu des années 1940 donne l’impression d’un sursaut d’activité démocratique et d’ouverture des élites, au nom des droits des parents et des droits des ouvriers, des droits universels de l’homme et des droits des femmes. En définitive, cependant, la loi semble avoir assuré le maintien des structures du marché et consolidé le pouvoir des dirigeants politiques, en enchâssant dans la législation un «droit universel des enfants à l’instruction » réduit et détourné en regard des larges mouvements d’appel à la justice du temps de la guerre. À long terme, ces années d’activité politique d’une densité remarquable ont laissé des marques durables sous la forme, d’une part, d’un accroissement significatif de l’appareil administratif public qui allait permettre de suivre le statut de chacun des enfants. D’autre part, en marge du mouvement quantitatif d’élévation des taux de scolarisation, le droit universel des enfants, tout ambigu qu’il fût, allait jouer en faveur de transformations qualitatives des obligations familiales, de la politique scolaire et, plus précisément pour notre propos, des liens entre les familles et l’école. Dans ce climat d’intervention accrue de l’État, parents et enfants ont trouvé des moyens matériels et politiques nouveaux d’émancipation individuelle, en même temps qu’ils ont fait face à des fonctionnaires incontournables, tatillons et, dans des cas extrêmes, envahissants et destructeurs.

Quebec Families and Compulsory Education, 1943-1960

The immediate political history of compulsory education in mid-1940s Quebec gives the impression of a sudden burst of democratic activity and opening up of elite milieux in the name of parents’ rights, workers’ rights, universal human rights and women’s rights. In fact, however, the law seems to have ensured the maintenance of market structures and strengthened the power of political leaders by legally enshrining « the universal right of children to education » in a limited form, in regard to the broad wartime trends appealing for justice. In the long term, these years of remarkably intense political activity left a lasting imprint, on the one hand in the form of a sizeable growth in the public administration bureaucracy that would enable the status of each child to be monitored. On the other hand, alongside the quantitative trend of a rising school enrolment rate, the notion of the universal rights of children, however ambiguous, would spark qualitative changes in family responsibilities, school policies, and more specifically for our purposes here, in relations between families and the school. In this climate of increased state intervention, parents and children found new material and political means of personal emancipation, as they simultaneously had to face nit-picking and, in extreme cases, interfering, intrusive and destructive civil servants.

Daniel Vinette

École, parents amérindiens et changements sociaux : la perception d’un intervenant non autochtone

Article non accessible

Jacky Simonin et Éliane Wolff

École et famille à la Réunion : le télescopage des modèles

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La connaissance du monde de vie des familles et sa prise en compte par le monde de l’école constituent un enjeu majeur d’autant plus important que l’école, à la Réunion, connaît des transformations brutales au sein d’une société elle-même en pleine mutation. Ce département français d’outre-mer se caractérise par un télescopage entre un modèle issu de la tradition créole et un modèle exogène importé de sa métropole. C’est dans un tel contexte que s’élaborent des perceptions scolaires, étudiées ici sur deux dimensions. La première rend compte des cadres de référence parentaux organisés autour de l’expérience de l’école traditionnelle et du catéchisme. La seconde met en exergue les deux univers de l’école et du kartié, au sein desquels s’opposent des modalités contrastées de communication et se confrontent des légitimités distinctes de la représentation parentale.

School and Family on Réunion Island : a Telescoping of Models

Understanding the family living environment and its consideration by the school environment represents a major issue which is all the more important in that schools on Réunion Island are being abruptly transformed within a rapidly changing society. This overseas French department is characterized by the telescoping of a model derived from Creole tradition and an externally-generated model, imported from France. It is in such a context that perceptions on schooling are being developed, examined here on two levels. The first looks at parental frames of reference stemming from the experience of traditional schools and catechism. The second underscores the separate spheres of the school and the kartié (neighbourhood), where contrasting forms of communication and distinct images of parental roles confront one another.

 

II. Les essais de maîtrise de l’école par les familles


Janine Hohl

Qui sont « les parents »? Le rapport de parents immigrants analphabètes à l’école

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Cet article étudie les relations entre les familles et l’école à partir du cas particulier et extrême de parents immigrants analphabètes. Il met en évidence des malentendus entre ces familles et l’institution scolaire à propos du type de participation attendue des parents et du poids relatif des fonctions de scolarisation et de socialisation assignées à l’école.

Who Are « the Parents » ? The Relationship of Illiterate Immigrant Parents to the School

This article examines relations between families and the school by focussing on the special and extreme case of illiterate immigrant parents. It highlights misunderstandings between these families and the institution of the school regarding the type of parental involvement expected and the relative importance of the school’s role in education and socialization.

Cléopâtre Montandon

Les relations des parents avec l’école

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Les relations entre les parents et l’école ont beaucoup évolué durant ce dernier quart de siècle en Europe et outre-Atlantique, et de nombreuses recherches ont accompagné ce mouvement. Ce texte présente en première partie des travaux récents réalisés dans ce domaine, qui traitent des relations entre parents et enseignants, de l’implication des parents dans la scolarité de leur enfant, de leur participation à la gestion de l’enseignement scolaire, ainsi que du choix de l’école par les parents. Une deuxième partie expose certaines des questions soulevées par l’analyse du rapport entre les parents et les enseignants, notamment celle de la division du travail entre les deux institutions.

Parents’ Relations with the School

There has been a marked change in relations between parents and the schools in Europe and North America over the past twenty-five years, and a great deal of research accompanying this trend. This text first presents recent studies in this field on parent-teacher relations, parents’ involvement in their children’s schooling and how teaching is managed in the schools, as well as parents’ choice of schools. The second part of the text explores certain questions raised by analysis of the parent-teacher relationship, especially the division of responsibilities between the two institutions.

Michel Claes et Judith Comeau

L’école et la famille : deux mondes ?

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Dans cette revue de la documentation, l’analyse des rapports entre l’école et la famille est abordée sous trois dimensions. Une première réflexion est axée autour des caractéristiques et des attitudes familiales qui assurent la performance scolaire des enfants. La suivante se construit autour de l’épineuse question des perceptions que les enseignants et les parents entretiennent les uns envers les autres. Les aspects négatifs mais aussi positifs de la participation des parents sont dégagés. Trois modèles des rapports des parents à l’école sont ensuite exposés et illustrés à l’aide des données d’une étude québécoise. Enfin, la troisième partie présente des modèles de contribution des parents à l’école et identifie des types d’école d’après la place accordée aux parents dans l’institution scolaire. C’est un modèle d’école communautaire qui répondrait le mieux aux diverses problématiques auxquelles l’école québécoise est confrontée; cependant, l’état actuel des rapports entre l’école et la famille oriente plutôt l’action vers une multitude de projets valorisant toute forme de participation.

School and the Family : Two Separate Worlds ?

This review of the literature assesses relations between the school and the family on three levels. The first centres on family traits and attitudes that ensure children’s academic achievement. The second considers the thorny question of parents’ and teachers’ perceptions of one another. It brings out both the negative and positive aspects of parental involvement. Three models of parents’ relations with the school are then discussed and illustrated using data from a Quebec study. Finally, the third part looks at models of parental involvement in the schools and identifies types of schools based on the role parents are accorded in the educational institution. The « community school » model would seem to best respond to the diverse issues facing Quebec schools ; and yet in the current state of relations between the school and the family, activities tend to focus on a variety of projects that promote any form of involvement.

Michèle Vatz-Laaroussi

Les nouveaux partenariats famille-école au Québec : l’extériorité comme stratégie de survie des familles défavorisées ?

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Dans la société québécoise de la fin du vingtième siècle, le partenariat entre les familles et l’école est posé à la fois comme une question de société et comme un préalable a toute évolution de l’institution scolaire. Par l’analyse de données de plusieurs recherches menées d’abord en France puis au Québec auprès de familles dites de milieu défavorisé, nous proposons ici de distinguer deux types de stratégies mises en œuvre par les écoles québécoises dans leur fonction éducative, pour ensuite comprendre les pratiques des familles de milieu défavorisé grâce à l’élaboration d’un inventaire des stratégies familiales de survie. L’arrimage entre stratégies d’école et stratégies familiales de survie sera notre analyseur de la position des familles par rapport à l’école. Cette position, selon nous, repose sur une logique d’extériorité qui est le seul gage de la survie matérielle et symbolique tant de l’entité familiale que de chacun des membres de cette entité.

New Family-School Partnerships in Quebec : Exteriority as a Survival Strategy for Disadvantaged Families?

In late twentieth-century Quebec society, the partnership between families and the schools is seen as both a social issue and a prerequisite to any form of change in the schools. By analyzing data from several studies conducted in France and Quebec on families from so-called « disadvantaged » milieux, this article attempts to distinguish two types of strategies implemented by Quebec schools as part of their educational role, and to then understand the practices of disadvantaged families by listing family survival strategies. It examines how school strategies and family survival strategies interact to assess the families’ position in relation to the schools. The author suggests that this position is based on a rationale of exteriority, which is the only guarantee of the material and symbolic survival of the family as a group and of each member of this group.

Dominique Glasman

Les dispositifs d’accompagnement scolaire : des intérmédiaires entre familles populaires et école ?

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Depuis le début des années 1980 en France, de nombreux dispositifs d’accompagnement scolaire sont nés dans les quartiers populaires. Destinés aux enfants des milieux modestes ou originaires de l’immigration, ces dispositifs entendent se situer « entre » les familles d’un côté, l’école de l’autre, et jouer un rôle d’intermédiaire. En fait, la logique de mise en place, de développement et de fonctionnement de ces dispositifs les conduit souvent à se rapprocher de l’école, c’est-à-dire à avoir avec elle des relations plus intenses et une collaboration plus soutenue, et à adopter un mode de fonctionnement analogue au sien. Ainsi, ils semblent de moins en moins se situer « entre » les familles et l’école, paraissant se placer bien davantage, et non sans malaise, du côté de l’école.

School Assistance Activities : an Intermediary Role Between Working-Class Families and the Schools ?

A number of school assistance activities have emerged in working-class neighbourhoods in France since the early 1980s. Targeting children from low-income or immigrant families, these activities are intended to be positioned « between » families on the one side and schools on the other, and to play an intermediary role. In fact, due to the way the activities are set up, and how they have developed and operate, the actors involved often tend to be closer to the schools, i.e. to have stronger ties and a more intense working relationship with the latter as well as a similar way of operating. They thus seem to be positioned less and less « between » families and the schools, and more and more closely situated, at times uneasily, on the side of the schools.

François Dubet et Danilo Martuccelli

Les parents et l’école : classes populaires et classes moyennes

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Cet article compare les relations avec l’école de parents d’élèves de l’école élémentaire, telles qu’elles se dégagent de séances de travail réunissant deux groupes contrastés, l’un composé de familles populaires, l’autre de familles des classes moyennes. Sur les trois registres choisis, les demandes de socialisation, d’éducation et d’utilité sociale, les deux groupes ont des attentes et des attitudes contrastées, montrant que les rapports des familles à l’école sont dominés par des tensions internes et ne se réduisent pas aux seuls effets de la distance culturelle.

Working-Class and Middle-Class Parents and the Schools

This article compares the relations parents of elementary school students have with the schools, as seen in meetings bringing together two contrasting groups, one composed of working-class families and the other of middle-class families. In three selected areas, i.e. the perspectives of socialization, education and social usefulness, the two groups demonstrate contrasting expectations and attitudes, showing that families’ relations with the schools are dominated by internal tensions and are not determined by cultural distance alone.

 

III. L’élève au centre de la relation


Agnès Henriot-Van Zanten

Stratégies utilitaristes et stratégies identitaires des parents vis-à-vis de l’école : une relecture critique des analyses sociologiques

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Cet article présente une relecture critique des analyses sociologiques consacrées aux stratégies parentales en matière de scolarisation. Il examine d’abord les apports des analyses utilitaristes. Celles-ci, qui mettent l’accent sur la recherche d’une rentabilité économique des investissements des parents et des certifications scolaires obtenues par l’enfant, éclairent des dimensions importantes des aspirations parentales, du suivi familial de la scolarité et du choix de l’établissement dans le contexte actuel. L’article montre ensuite, néanmoins, que ces analyses comportent certaines limites que l’on peut dépasser en tenant compte des stratégies identitaires des parents, c’est-à-dire des pratiques parentales (comme l’encadrement de la sociabilité enfantine ou adolescente) destinées à favoriser, au delà de la simple « valeur scolaire », l’acquisition par l’enfant de certaines qualités sociales nécessaires à l’intégration dans un groupe social donné. L’article conclut à l’intérêt d’étudier à la fois les convergences et les contradictions qui peuvent apparaître entre ces deux logiques suivant les contextes locaux et les milieux sociaux.

Parents’ utilitarian strategies and identity-oriented strategies regarding school : a critical re-examination of sociological studies

This article offers a critical re-examination of sociological studies on parental strategies regarding schooling. It begins by assessing the contribution of utilitarian analyses. In emphasizing the search for the economic cost-effectiveness of parents’ investments and children’s academic attestations, these analyses shed light on the important aspects of parental aspirations, family monitoring of schooling and the choice of an educational institution in the current context. However, the article then shows the limits of such analyses, limits which may be transcended by considering parents’ identity-oriented strategies, i.e. parental practices (such as supervising children’s or adolescents’ social relationships) which are aimed at encouraging, over and above mere « academic merit, » the child’s acquisition of certain social traits required for integration in a given social group. The article concludes by noting the interest of studying both the convergences and contradictions that may arise between these two perspectives according to local and social contexts.

Bernard Charlot et Jean-Yves Rochex

L’enfant-élève : dynamiques familiales et expérience scolaire

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Comment l’enfant est-il «produit» dans des sociétés contemporaines où s’est accrue la dépendance entre la famille et l’école ? Comment devient-il élève? La sociologie de « 1’habitus » ne s’intéressait guère à cette question. Des recherches plus récentes analysent les pratiques parentales et tentent d’identifier des processus et des configurations familiales. Les recherches d’ESCOL sur le rapport des jeunes au savoir et à l’école rencontrent cette question des pratiques parentales et de ce que s’en approprient les jeunes. Sont ici analysés les formes de mobilisation parentale sur l’école, les liens que les jeunes établissent entre lieux, personnes et types d’apprentissages, et les processus subjectifs et intersubjectifs de mobilisation scolaire des parents et de leurs enfants.

The Child as Student : Family Dynamics and the School Experience

How is the child « produced » in contemporary societies marked by increasing interdependence between the family and the school? How does the child become a student? Sociology centred on the « habitus » has shown little interest in this question. More recent studies analyze parental practices and try to pinpoint family processes and patterns. Research conducted by ESCOL on young people’s relationship to knowledge and the school is encountering this question of parental practices and what young people appropriate from them. This article looks at forms of parental involvement in the schools, the links young people establish between places, people and types of learning, and the subjective and intersubjective processes of parents’ and their children’s involvement in the school.

François de Singly

L’appropriation de l’héritage culturel

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Dans les années 1970, Bourdieu et Passe-ron ont appelé «héritiers» les enfants des classes supérieures qui réussissent mieux à l’école que les autres. Ils ont voulu ainsi montrer le lien, peu visible, entre la famille et l’école, et les nouveaux privilèges dont bénéficient certains enfants lorsqu’ils vivent dans un environnement favorable (c’est-à-dire proche de la culture reconnue par l’école). L’article soumet à la critique cette analogie entre capital économique et capital culturel. Ce dernier ne se transmet pas comme les biens économiques ou matériels, il requiert un travail de la part des «héritiers». Le capital scolaire doit être accumulé par le jeune lui-même, il ne surfit pas d’être héritier pour réussir. L’idéologie méritocratique n’est pas uniquement une illusion qui recouvre de son masque les inégalités sociales et culturelles, elle a un prix pour tous : chacun doit faire ses preuves, chacun doit prouver à lui-même et aux autres que sa valeur ne renvoie pas à son origine, à son héritage. Lorsqu’elle s’exerce dans une société comme la France, où le système scolaire occupe une place importante, cette idéologie s’inscrit dans une valorisation du travail scolaire; mais dans d’autres sociétés, elle peut être sensible davantage aux preuves observées directement sur le marché du travail, négligeant la médiation de l’institution scolaire dans la production des individus.

Appropriation of One’s Cultural Heritage

In the 1970s Bourdieu and Passeron termed upper-class children who did better at school than others as « heirs. » They were thus trying to show the barely visible link between the family and the school and the new privileges enjoyed by some children living in a favourable environment (i.e. one with a culture similar to that recognized by the school). This article takes a critical look at this analogy between economic and cultural wealth. The latter is not passed on in the same way as economic or material goods, but requires work on the part of the « heirs. » Academic wealth must be personally amassed by each young person ; being an « heir » does not alone guarantee success. The ideology of a meritocracy is not simply an illusion that masks social and cultural inequalities, but involves a price for everyone: everyone must prove themselves ; everyone must prove to themselves and others that their merit is not only a reflection of their origins and heritage. When this ideology is practised in a society such as France where school is considered important, it fits in with the according of value to schoolwork ; but in other societies it may be more directly influenced by evidence of merit observed in the labour market, thus neglecting the mediatory role the institution of the school plays in the production of individuals.

John Devine

Les détecteurs de métaux vont-ils remplacer le Panopticon ? La violence dans les écoles des quartiers défavorisés de New York

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Une culture de la violence s’est répandue dans les écoles de New York. La violence en milieu scolaire est devenue un processus d’interaction entre une population étudiante toujours plus menaçante et menacée et un système d’enseignement qui a délégué la responsabilité de maîtriser les comportements antisociaux à la portion la moins valorisée de son personnel, les agents de sécurité. La quasi-anarchie qui règne dans les corridors des écoles secondaires des quartiers défavorisés présente un formidable défi aux thèses de M. Foucault. Le nouveau panopticon est un anti-panopticon : il n’est pas un édifice, il n’assure pas la fonction de surveillance. Il existe à travers un ensemble de forces politiques et sociales qui se sont donné le mot pour ne pas voir les comportements de transgression. Ainsi apparaît dans les écoles une culture autonome de la violence qui se reproduit dans un climat de peur incitant chaque élève à se conformer à un certain code de « dureté », condition de sa propre protection. Les élèves des quartiers défavorisés ont en partage un espace de violence à la fois entièrement extérieur à la culture dominante et intimement lié à elle.

Can Metal Detectors Replace the Panopticon ? Violence in New York’s Inner City Schools

A culture of violence is widespread in New York schools. Violence in the schools has become a process of interaction between an ever more threatening and threatened student population and a school system that has delegated the responsibilities for confronting student antisocial behaviours to its lowest priority component: security guards. The virtual anarchy reigning in the corridors of inner city high schools is a tremendous challenge to the theories of Michel Foucault. The new panopticon is an anti-panopticon: it is not a building and does not ensure surveillance. It is enacted through an amalgam of social and political forces that have conspired deliberately not to see transgressive behaviour. The resultant development of an autonomous culture of school violence replicating itself within the climate of fear means that every student is expected to conform to a code of « toughness » necessary for self-protection. Students in inner city neighbourhoods share a space of violence entirely outside of—but intimately connected to—the mainstream culture.

 

In memoriam


Pierre Dandurand

École et solidarité

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