Y a-t-il vraiment des exclus ? L’exclusion en débat

Sous la direction de Jean-Noël Chopart et Shirley Roy

La notion d’exclusion est généralement employée comme un mot-valise qui recouvre les situations les plus hétérogènes. Surtout, elle concentre l’attention sur les situations extrêmes d’individus et de groupes placés en dehors de la sphère des échanges sociaux réglés. (…)

 

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TABLE DES MATIÈRES

 

Jean-Noël Chopart et Shirley Roy

Présentation du numéro

Article complet

 

I. L’exclusion en question


Robert Castel

Les pièges de l’exclusion

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La notion d’exclusion est généralement employée comme un mot-valise qui recouvre les situations les plus hétérogènes. Surtout, elle concentre l’attention sur les situations extrêmes d’individus et de groupes placés en dehors de la sphère des échanges sociaux réglés. Elle présente ainsi un double piège, pour la réflexion sociologique et pour l’action politique. Pour la réflexion, elle conduit à faire l’impasse sur les processus qui, en amont de ces situations, l’alimentent: précarisation des rapports de travail, fragilisation des supports de la sociabilité… Pour l’action, elle induit principalement des pratiques d’assistance et de réinsertion qui, si elles sont indispensables dans une conjoncture dégradée, ne doivent pas servir d’alibi pour économiser des interventions préventives sur les dynamiques de déstabilisation de la société salariale.

The pitfalls of Exclusion

The notion of exclusion is generally used as a catch-all to cover a wide variety of situations. It places the primary focus on extreme situations of individuals and groups outside the sphere of regulated social exchange. It thus presents pitfalls for both sociological reflection and political action. In terms of reflection, it leads to a failure to consider the processes which, beyond these situations, foster exclusion: the precarity of work relationships, the fragility of social relationships, etc. In terms of political action, it mainly results in assistance and réintégration practices which, although essential in deteriorated situations, should not prevent us from combatting the causes of the destabilization of a wage-based society.

Patrick Cingolani

Le désenchantement de la question sociale

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Les récents ouvrages sur la «nouvelle question sociale » inclinent à traiter celle-ci par l’intégration et font du travail seul la condition d’une restauration du lien. Cet article envisage de manière critique les représentations du social que présupposent ces ouvrages, en insistant sur les ambiguïtés de leur prosaïsme et sur l’image résolument désenchantée, sans conflits et sans rêves, qu’ils donnent du mouvement ouvrier et de son histoire. En assignant à la classe ouvrière l’unique horizon de négocier sa place dans la société industrielle et salariale, ils négligent l’imaginaire du lien dont celle-ci était jusqu’ici l’emblème, mais surtout ils éludent les conditions pour aborder la «nouvelle question sociale» à partir d’un sujet collectif polémique.

A Disenchanted View of a Social Problem

Recent studies on the « new social problem » tend to deal with the latter through integration and consider work as the sole means of restoring the social link. This article takes a critical look at the way these studies represent the social sphere, by highlighting the ambiguity of their wording and the unflaggingly disenchanted image, depicting neither struggles nor dreams, which they give of the labour movement and its history. By assigning to the working class the sole perspective of negotiating its place in industrial society, they neglect the mythic quality of the link the latter has up to now represented, and, especially, fail to look at ways of examining the « new social problem » from the controversial perspective of the working class itself.

Jean-Noël Chopart

Les sociologues et l’exclusion. Que reste-t-il entre l’individu et l’État?

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À partir d’une lecture critique des principaux ouvrages concernant l’exclusion récemment parus en France, cet article présente un point de vue concernant l’articulation exclusion-travail. Il montre que les recherches socio-historiques concernant la protection sociale sont, pour la plupart, marquées par une tendance à la surestimation du rôle de l’État. Cette surestimation s’accompagne d’une moindre attention aux formes de solidarité et de revendication sociales issues des collectifs de travail. Il se propose, enfin, d’attirer l’attention sur les nouvelles modalités de mobilisation au travail que suppose la société post-industrielle et tente d’en déduire les conséquences en matière de lien social et de solidarité.

Sociologists and Exclusion. What Kind of Social Security Now Exists in the Intermediate Zone Between the Individual and the State?

Based on a critique of the leading studies on exclusion recently published in France, this article examines the relationship between exclusion and work. It shows that most socio-historical studies on social security tend to overemphasize the role of the state. They thus pay less attention to forms of social solidarity and to demands emerging from labour groups. The article suggests that we increasingly focus on the new types of work organization required in post-industrial society and looks at some of the possible consequences regarding the social link and solidarity.

Michel Autès

Genèse d’une nouvelle question sociale : l’exclusion

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L’exclusion est omniprésente dans le discours social et politique. Malgré tous les efforts, elle reste néanmoins un objet indéterminé qui témoigne de la difficulté de donner un sens au réel et une prise à l’action. Les politiques publiques sont au cœur de ce processus pour inventer les nouveaux réglages de la cohésion sociale d’après la société salariale. L’action publique se révèle particulièrement incertaine devant le retour en force des options libérales et de la croyance en la toute-puissance des lois du marché. L’incapacité de repenser le rôle de l’État face à la nouvelle inscription territoriale du politique dans le local et à la nécessité de revivifier une démocratie citoyenne et deliberative constitue un obstacle supplémentaire à un retour du politique rendu nécessaire par la naturalisation d’une économie mondialisée et des rapports de force qui la fondent. Derrière les multiples visages et portraits des exclus travaille une déliaison qui défait le social, sans qu’on puisse voir encore les nouvelles formules et les nouveaux réglages qui se dessinent.

Emergence of a New Social Problem: Exclusion

Exclusion is an omnipresent notion in social and political analysis. But despite all efforts, it remains a vague concept, testifying to the difficulty of understanding reality and taking effective action. Government policies are at the heart of this process of inventing new means of regulating social cohesion in post-industrial society. Public action has shown a particular degree of uncertainty in light of the powerful resurgence of liberal options and the belief in the primacy of market forces. An inability to reexamine the state’s role in view of changing political intervention at the local level and the need to revitalize a democracy emphasizing citizen involvement and genuine debate is a further obstacle to renewal of the state’s role necessitated by a growing perception of the global economy and its underlying power relationships as natural. Behind the many faces and individual portraits of the excluded, the social link is unravelling before our eyes, and we are as yet unable to identify the new approaches and means of social régulation now taking shape.

Frédéric Lesemann et Pierre Joseph Ulysse

Welfare , workfare et citoyenneté aux États-Unis

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Pour les conservateurs, le welfare constitue une menace autant pour l’institution familiale que pour celle du travail. La réforme récente de l’aide sociale (Aid to Families with Dependent Children) vise à forcer les pères absents à assumer leurs responsabilités financières vis-à-vis de leurs enfants et à faire en sorte que les bénéficiaires fournissent du travail (workfare) et conquièrent progressivement leur autonomie économique. La participation à l’économie formelle apparaît de plus en plus comme une condition préalable à l’accès à la pleine citoyenneté. Les politiques gouvernementales risquent donc d’exclure ceux qui ne contribuent pas à leur propre subsistance et plus largement à l’enrichissement de la nation.

Welfare, Workfare and Citizenship in the U.S.

To conservatives, welfare represents a threat to both the institution of the family and that of work. The aim of the recent reform of social assistance (Aid to Families with Dependent Children) is to compel absent fathers to assume their financial responsibilities regarding their children and ensure that social assistance recipients provide work (workfare) and gradually attain economic independence. Participation in the formal economy is increasingly seen as a prerequisite to full citizenship. Government policies thus risk excluding those who do not contribute to their own subsistence and, more broadly, to the enrichment of the nation.

Jacques Ion

L’exclusion, une problématique française ?

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Face à la crise économique, les traditions socio-politiques, si diverses soient-elles selon les pays européens, tendent à maintenir, dans les processus de socialisation, une place importante aux structures intermédiaires, soit familiales (Europe du sud), soit syndicales (Europe du nord). En France, où le mythe républicain s’est constitué sur le déni des corps intermédiaires et la valorisation d’une intégration par le haut, le processus d’individuation ainsi encouragé et aujourd’hui accéléré contribue à brouiller les clivages par delà lesquels se trouvait réalisée l’unité de la communauté nationale. L’importance du discours sur l’exclusion ne fait peut-être que redire l’interrogation sur la cohésion toujours problématique d’une société d’individus.

Exclusion: a French Problem?

In confronting the economic crisis, sociopolitical traditions in various European countries, however diverse, are tending to maintain the importance of intermediary structures, whether those of the family (southern Europe) or union-related (northern Europe), in the socialization process. In France, where the republican myth was based on the denial of intermediary structures and a focus on integration from the top down, the process of creation of the individual thus encouraged and now accelerated is helping to obscure the divisions in spite of which a united national community had emerged. The emphasis on exclusion may be a simple restating of the recurrent question of how to bring a society of individuals together.

 

II. L’exclusion dévoilée


Shirley Roy

L’itinérance : forme exemplaire d’exclusion sociale?

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Cet article, après examen de quelques-uns des problèmes de confusion liés aux termes «exclus» et «exclusion», soumet l’idée que l’on devrait en restreindre l’utilisation. L’exclusion sociale ne devrait pas être associée à toute situation de rupture d’un lien social, mais être réservée à l’aboutissement du processus de désinsertion sociale, soit à son point de chute. Pour illustrer sa position, l’auteure utilise les recherches sur la question de l’itinérance qu’elle effectue depuis plusieurs années.

Homelessness: an Exemplary Form of Social Exclusion?

After noting some of the areas of confusion linked to the terms « excluded » and « exclusion, » this article suggests that we limit our use of this notion. Social exclusion should not be associated with any situation where there is a breakdown of the social link, but rather reserved for the final stage in the process of social disintegration. The author uses the research she has been pursuing for several years on homelessness to illustrate her viewpoint.

Christopher McAll

Les murs de la cité : territoires d’exclusion et espaces de citoyenneté

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L’exclusion sociale est souvent considérée comme une condition ou un état dans lequel certaines catégories de la population peuvent «tomber». Or, l’exclusion n’est pas un état mais un rapport impliquant différentes catégories d’acteurs qui interagissent sur différents types de territoires. Qui sont ces acteurs et quels sont ces territoires ? Qui exclut, et pourquoi ? Dans ce texte, l’auteur part à la recherche de ces acteurs, à la lumière des conceptions juridique et sociologique de la citoyenneté, et en analysant l’expérience d’un échantillon aléatoire de personnes assistées sociales jointes à Montréal entre 1988 et 1994. Si ces personnes se trouvent effectivement en dehors des murs de la cité, leurs trajectoires permettent d’identifier un certain nombre d’acteurs et de lieux qui concourent à leur exclusion.

Outside Society: Territories of Exclusion and Spaces of Citizenship

Social exclusion is often perceived as a condition or state into which some categories of the population may « fall. » And yet exclusion is not a state but rather a relationship involving various categories of actors interacting in various types of territory. Who are these actors and what are these territories? Who excludes, and why? In this text, the author seeks out these actors in the light of legal and sociological concepts of citizenship and by analyzing the experiences of a random sample of Montreal social assistance recipients surveyed between 1988 and 1994. Although these people indeed find themselves outside society, their experiences enable us to identify a number of actors and places contributing to their exclusion.

Mylène Jaccoud

L’exclusion sociale et les Autochtones

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Confronter la problématique de l’exclusion sociale à la situation des Autochtones au Canada permet de mettre au jour une dialectique d’inclusion et d’exclusion puisque la marginalisation des Autochtones procède d’une incorporation à l’État-nation dans un espace périphérique : la réserve. Deux types de marginalité émergent de la mise en rapport des Euro-canadiens avec les Autochtones : une marginalité produite historiquement dans un contexte de domination et de colonisation, et une marginalité produite dans le contexte de stratégies politiques dont les conséquences et les enjeux diffèrent. L’analyse de ces enjeux permet de dépolariser les clivages «ethniques» et montre que la marginalisation est le fruit d’un rapport de force entre majoritaires et minoritaires auquel prennent part les acteurs situés aux deux pôles de la relation.

Social Exclusion and Native People

Assessing the situation of Native people in Canada with regard to the problem of social exclusion can help to bring to light a dialectic of inclusion and exclusion, since the marginalization of Native people has ensued from their incorporation to the nation-state in a peripheral area: the reserve. Two types of marginality emerge from Euro-Canadian relationships with Natives: a historical marginality resulting from domination and colonization, and a marginality resulting from political strategies motivated by diverse interests and issues. Examination of these issues is a way of depolarizing « ethnic » divisions and shows that marginalization stems from a power relationship between majorities and minorities, in which actors from both poles of the relationship are involved.

Elvia Taracena

Enfants de la rue et enfants dans la rue à Mexico

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Cet article fait état d’études menées auprès d’enfants travaillant dans la rue à Mexico, phénomène assez récent dont l’ampleur est difficile à évaluer. Il importe d’opérer une distinction entre les enfants qui travaillent pour contribuer à la survie économique de leur famille et ceux qui, n’ayant plus de liens familiaux, errent et survivent dans la rue. Même dans ce dernier cas, toutefois, les liens sociaux entre pairs sont réels et structurants. Parler d’exclus à propos de ces enfants est, dans ce sens, inapproprié.

Street Kids and Kids Working on the Streets of Mexico City

This article examines studies on children working on the streets of Mexico City, a fairly recent phenomenon of a scope currently difficult to assess. It underscores the important distinction to be made between children working to help their families survive economically and children without family ties who wander and live on the streets. Even in the latter case, however, the social links among peers are very real and contribute towards personality development. To designate such children as « excluded » is, in this sense, inappropriate.

Laurence Roulleau-Berger

Expériences et compétences des jeunes dans les espaces intermédiaires

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Au centre et à la périphérie des grandes villes naissent des espaces physiques, sociaux et symboliques où se recomposent des identité sociales intermédiaires. L’article décrit, en utilisant des recherches de terrain, les micro-organisations sociales qui se définissent autour de projets et dans lesquelles les jeunes produisent des compétences collectives, à partir de ressources individuelles. Ces expériences sont l’occasion de socialisations transitionnelles pouvant s’inscrire dans des processus d’affiliation, de désaffiliation ou de réaffiliation sociale.

Experiences and Skills Developed by Young People in Intermediate Spaces

In urban cores and on the fringes of major cities, physical, social and symbolic spaces are appearing where intermediate social identities are being reshaped. Based on field studies, the text depicts emerging social micro-organizations centring around projects in which young people are developing group skills by using their individual resources. Such experiences represent an opportunity for transitional socialization, which can form part of a process of social integration, dis-integration or réintégration.

 

III. L’exclusion administrée


Isabelle Astier

Du récit privé au récit civil : la construction d’une nouvelle dignité ?

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L’auteur cherche à expliciter la place grandissante des biographies et des récits de vie dans les actions publiques. En effet, pour saisir ce qu’est le chômage de longue durée, ce sont les trajectoires et les situations individuelles que l’on est de plus en plus fréquemment invité à scruter, et non les données statistiques sur les groupes ou les populations. C’est donc bien l’histoire des individus qui apparaît comme décisive dans les situations de pauvreté, et le RMI (revenu minimum d’insertion) inaugure sans doute une nouvelle forme de politique sociale qui s’emploie à « tracer une diagonale du pauvre » afin de dépasser le ciblage étroit des populations par un traitement oblique des individus.

From Private to Civic: the Structuring of a New Dignity?

The author describes how life histories play a growing part in public action. Indeed, to grasp the realities of long-term unemployment, decision-makers and analysts are now frequently asked to look at personal experiences and individual cases instead of statistical data on groups and populations. Individual life histories appear to have a decisive role to play in poverty situations, and income support measures such as the RMI (revenu minimum d’insertion) probably herald a new form of social policy that is helping to develop a transversal approach to poverty rather than a narrow focus on such populations.

Jean-Claude Martin et Raymond Baril

L’exclusion comme effet de trajectoire administrative et de cheminement individuel

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Les auteurs entendent approfondir l’utilisation des notions de trajectoire administrative et de cheminement individuel pour appréhender l’exclusion et la marginalisation dans le contexte de la modernité. La réflexion théorique et la discussion des concepts s’appuient sur une recherche empirique, à la fois statistique et qualitative, portant sur le processus de réinsertion sociale et professionnelle de travailleurs qui ont été victimes d’une lésion professionnelle. L’échec relatif des dispositifs publics mis en place pour la réinsertion professionnelle et l’effet pervers de certains mécanismes posent avec acuité la question de l’exclusion ou de la marginalisation et celle de son rapport avec les institutions.

Exclusion as Stemming from Both the Administrative Trajectory and Individual Paths in the Process

The authors attempt to circumscribe the notions of administrative trajectory and individual path in order to understand exclusion and marginalization in a contemporary context. Their theoretical reflection on and discussion of the concepts are based on empirical research, both statistical and qualitative, regarding the re-entry into society and into the labour force of people who have had an employment injury. Due to the relative failure of government work reentry measures and the unexpected consequences of some measures, there is an acute need to examine the link between institutions and the problem of exclusion and marginalization.

Philippe Le Moigne, Claude Legrand et Guido De Ridder

Le récit statistique de l’exclusion

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Le propos de cet article est de montrer comment, à partir d’une formulation incertaine de la question sociale, la statistique de l’exclusion parvient — en dépit d’impossibilités et d’approximations réelles — à construire et à dégager un ensemble de significations propres. Les diagnostics locaux — genre consacré en la matière — offrent en effet une lecture tangible de l’actualité sociale en proposant un dénombrement des situations types associées à l’exclusion, des acteurs dits «exclus», des lieux où s’exerce ce phénomène et des actions susceptibles de l’endiguer. Mais le caractère de vraisemblance de ces diagnostics, une fois déconstruits, se dissipe et laisse apparaître des procédés narratifs qu’il convient d’interroger. L’incapacité d’une telle statistique à appréhender les accidents de trajectoire ou les changements profonds de positions dans la structure sociale oblige à se demander si de telles estimations chiffrées ne manquent pas tout bonnement leur objet.

The Statistical Reporting of Exclusion

This article seeks to show how statistics on exclusion start from a vague formulation of this social problem and — despite cases where it is impossible to circumscribe the entire issue and where statistics sometimes offer a realistic evaluation of the situation — manage to create their own set of meanings. Local analyses — a sanctioned approach — may offer a concrete assessment of social reality by listing typical situations linked to exclusion, actors designated as « excluded, » places where the phenomenon is found and measures likely to curb its occurrence. But when we « deconstruct » these analyses, their plausibility falls apart, revealing rather subjective forms of expression and reasoning. The inability of such statistics to grasp exceptional situations or profound changes of position in the social structure makes one wonder whether such number-based assessments are in fact missing their mark.

 

Notes de lecture


Madeleine Gauthier

L’exclusion, une notion récurrente au Québec mais peu utilisée ailleurs en Amérique du Nord

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Jean-Noël Chopart

Évolution des travaux et des problématiques concernant la pauvreté et l’exclusion en France

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