Mouvements alternatifs et crise de l’État

Pierre Hamel et Frédéric Lesemann

Les composantes de la crise qui bouleverse la société et l’État sont multiples et déstabilisatrices. Pulvérisant les dernières illusions du progrès, elles dessinent, dans les sociétés capitalistes avancées, les contours d’une détresse collective inédite. (…)

 

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TABLE DES MATIÈRES

 

Éditorial


Pierre Hamel et Frédéric Lesemann

Mouvements alternatifs et crise de l’État

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Frédéric Lesemann

Devoir de réserve et droit de penser…

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I. La transformation des mouvements sociaux


La transformation des mouvements sociaux

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Alberto Melucci

Mouvements sociaux, mouvements post-politiques

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Dans cet article, l’auteur s’efforce de saisir les mouvements sociaux qui parcourent les sociétés post-industrielles comme les signes d’une transformation profonde de la logique et des mécanismes qui guident nos sociétés. Il esquisse une interprétation de ces formes contemporaines d’action collective que constituent les mouvements « post-politiques » des jeunes, des femmes, des groupes nationaux et des communautés ethniques ainsi que les mobilisations écologiques.

Ces mouvements sont pour l’auteur « post-politiques », dans le sens où ils débordent complètement les cadres traditionnels d’organisation et de compréhension politiques des sociétés industrielles. Il n’est donc plus possible de les saisir correctement à travers des schèmes d’analyse qui sont marqués historiquement par les formes politiques que ces sociétés ont produites.

Peut-on même parler de « mouvements » ? Il s’agit plutôt d’espaces de rassemblement, de réseaux diffus de groupes, de points de rencontre qui diffèrent profondément de l’acteur collectif organisé politiquement. Doit-on qualifier ces phénomènes de désagrégation ? Nous nous trouvons plutôt en face d’un changement du modèle et de la forme de rassemblement de l’acteur collectif qui pose le problème du rapport entre les mouvements et les systèmes de représentation et d’organisation politique.

Social movements, post-political movements

The author analyses various social movements characteristic of post-industrial societies as indications of a profund transformation of the logic and the mechanisms underlying contemporary society. He outlines his interpretation of the collective action proposed by the new « post-political » movements: youth, women, national minorities and ethnic groups as well as ecology groups.

These movements are considered as « post-political » in the sense that they do not fit into traditional analyses of political organization and action in industrial societies. The modes of analysis appropriate to political action in industrial societies may constitute more of a hindrance than a help to our understanding of these movements.

One may well ask whether the term « movements » is the most appropriate. Perhaps it would be more useful to speak in terms of « focal points » or informal networks. It would seem, in any case, that our analysis must be radically different than in the case of the politically organized collective actor. Should these new forms of organization and action be seen simply as a breakdown of traditional behaviour? Or would it be more useful to say that we are facing a new model of organization of the collective actor which poses the problem of the relationship between these movements and the traditional systems of political representation and organization.

Pierre Hamel, Marc Lesage, Louis Maheu et Céline Saint-Pierre

Nouveaux mouvements sociaux et action collective : débat autour du texte d’Alberto Melucci

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Sur la base de l’article d’A. Melucci, « Mouvements sociaux, mouvements postpolitiques », trois sociologues et un urbaniste entrent en débat. Les thèmes abordés concernent la notion d’« espaces de rassemblement » comme expression des nouveaux mouvements sociaux qui caractériseraient les sociétés capitalistes avancées, la question même de savoir si ces mouvements sont vraiment « nouveaux », la symbolique culturelle que véhiculent ces mouvements, le renversement de l’analyse que met de l’avant Melucci en insistant sur la nécessité de partir de l’action collective, des conflits et de leurs enjeux plutôt que des acteurs et de leurs caractéristiques structurelles.

New social movements and collective action

Three sociologists and a professor of urban studies discuss A. Melluci’s article: « Social movements, post-political movements » (see above). The aspects discussed centered around his notion of « focal points » as a concept for understanding the new social movements which characterize advanced capitalist societies. Other questions discussed were: Are these movements really « new »? What is the nature of the cultural symbolism used by these groups? What are the implications of Melluci’s approach which emphasizes the importance of the forms of collective action, the conflicts and the stakes involved rather than the actors and their structural characteristics.

Alberto Melucci

Partir des conflits pour analyser les mouvements sociaux

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A. Melucci répond au débat précédent. Peut-on encore parler de conflits de classe dans une situation où les classes en tant que groupes sociaux réels définis par leur position dans le rapport de production sont en train de se dissoudre ?

L’analyse doit commencer par les enjeux des conflits et ce n’est qu’après qu’on peut en identifier les acteurs. Les conflits des sociétés à haute différenciation se jouent toujours autour de la production, de l’appropriation, de la destination des ressources sociales. Les acteurs qui occupent ces champs peuvent changer et c’est à l’analyse empirique de les identifier. Cette perspective implique un changement d’optique dans l’analyse des conflits. À ce niveau de généralité, il faut partir du système, de sa logique de fonctionnement, des processus qui alimentent sa reproduction et son changement. Il faut saisir les problèmes et les ressources autour desquels se joue le conflit. L’analyse empirique doit expliquer pourquoi à une phase donnée certains groupes sociaux se mobilisent dans des conflits antagonistes.

Conflicts as the basis of analysis of social movements

A. Melluci responds to the discussion of his article. He raises the question as to whether it is still useful to speak of class conflict in a situation when social classes, in the sense of real social groups, defined by their position in the relations of production, are dissolving?

The analysis must begin with an examination of the stakes involved in a given conflict and it is only afterwards that it is possible to identify the actors. Conflicts in highly differentiated societies are always related to the production, appropriation and distribution of social resources. The actors involved in these areas can change and it is the task of empirical analysis to identify them. This approach implies a change of perspective in the analysis of conflicts. At this level of generality, it is necesary to begin with the « system », its rules of operation and the processes which govern its reproduction and transformation. It is necessary to understand the problems and the resources at stake in the particular conflict. The empirical analysis should provide an explanation as to why, at a certain time, various social groups are mobilized around particular conflicts.

 

II. L’autonomie : nouvel enjeu pour les mouvements sociaux


L’autonomie : nouvel enjeu pour les mouvements sociaux

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Éric Alsène

L’alternative au tournant

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Pour appréhender pleinement les thèses qui s’affrontent sur le rôle et l’avenir de l’alternative, en particulier dans ses rapports avec l’État, il est nécessaire de saisir d’abord toute l’ampleur et la diversité de ce phénomène de création sociale collective en marge de nos sociétés industrielles occidentales. La mouvance alternative d’aujourd’hui puise en effet dans une histoire mouvementée un éventail extraordinaire de pratiques et de revendications, et se façonne autour d’un nombre impressionnant de dimensions qui signifient plus d’un dépassement dans le fonctionnement quotidien des groupes conviviaux. Finalement, on doit convenir que l’alternative n’est vraiment ni une courroie d’intégration sociale, ni une source d’innovation sociale, ni un phénomène d’invention sociale, ni un mouvement de transition sociétale. Si la sensibilité conviviale poursuivait sa réactivation grâce aux jeunes et aux pacifistes, et si, à la suite d’André Gorz, elle s’orientait vers une implication alternative volontaire, alors peut-être saurait-on davantage où l’on s’en va avec l’alternative.

The « Alternative » at the crossroads
In order to fully understand the various arguments concerning the role and the future of alternative action, and in particular in relationship to the State, it is necessary to have some idea of the diversity involved in this phenomenon of collective social creation taking place on the frontiers of western industrial societies. Today’s alternative movements draw upon a long and rich history of experimentation in an immense variety of areas. In the final analysis, it would appear that alternative action is neither necessarily a mechanism of social integration nor necessarily a source of social innovation. It is not necessarily innovative nor is it necessarily a transitory phenomenon. If the « convivial » orientation continues to grow, in large part due to new youth and pacifist movements and if, as André Gorz suggests, the trend towards a more voluntary personal commitment continues, then perhaps a clearer image of alternative action will come into focus.

Pierre Hamel

Crise de la redistribution étatique et financement des organisations populaires

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L’un des enjeux majeurs auxquels sont présentement confrontées les organisations populaires de la région montréalaise, est celui de leur financement. Spécifié par la crise de l’État-providence, cet enjeu conduit les acteurs de ces organisations à s’interroger davantage sur les conditions de la redistribution étatique en définissant leur spécificité qui renvoie avant tout ici à la notion d’autonomie.

Après avoir situé quelques aspects politiques relatifs aux problèmes de financement pour les organisations populaires dans le contexte de crise, l’auteur présente la position des intervenants en s’appuyant sur une enquête menée dans trois secteurs, soit celui du logement, des garderies et des radios communautaires. En conclusion, une évaluation de la marge de manoeuvre des organisations populaires est proposée. On souligne alors un certain nombre d’acquis mais on fait également valoir la nécessité, comme condition de survie pour ces organisations, de préciser leur conception de l’autonomie qui demeure sous-jacente à leur orientation politique.

The crises of State income transfers and the impact on community action groups

One of the major problems confronting community action groups in the Montreal area is financial survival. The crisis of the welfare state forces the actors involved to rethink their relationship to the State apparatus and the conditions of their own relative autonomy.

After a brief discussion of the political environment related to the financial problems of community action groups, the author summarizes the results of his study of the positions of various groups on these questions. In particular, he looks at the situation in three areas: tenant groups, day-care centers and community radios. He comments on the manoeuvering room that is available to such groups. Certain victories have been won but it seems more urgent than ever to define what is meant by « relative autonomy » if these organisations are to survive.

François Demers

Le quatrième Front commun syndical : un échec libérateur ?

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L’auteur poursuit une réflexion sur le poids historique des syndicats des secteurs publics et parapublics québécois. Il pose l’hypothèse que l’échec du quatrième Front commun met fin d’une part au leadership prématurément sclérosé de ces syndicats sur l’ensemble du mouvement syndical et que, d’autre part, il libère au sein des syndicats du secteur public la tendance qui porte « les nouvelles valeurs » liées au féminisme, à l’écologisme et à la contre-culture en général. Celles-ci, affirme-t-il, commandent un nouveau rapport au travail-nécessaire-pour-gagner-sa-vie. À cause de cela même, elles pourraient renouveler les pratiques syndicales et permettre au mouvement syndical de mieux faire face à la crise.

The fourth common front in the union movement: a liberating failure?

The author recapitulates his on-going analysis of the historical significance of the public and para-public Quebec unions. He suggests that the failure of the fourth Common Front has broken the stranglehold which this group of unions exercised over the rest of the movement. One of the effects has been to give new credibility within the movement to groups more closely connected to the women’s movement, ecology and « counter-culture » groups in general. These groups, suggests the author, are in the forefront of the struggle to change the social definition of work in our society and in this sense, can contribute to a rejuvenation of union tactics and strategy which is sorely needed in this period of economic crisis.

 

III. L’État en question


L’État en question

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David Stoesz

« Corporate Welfare » : l’industrie des services sociaux et la réforme du « Welfare State » aux États-Unis

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L’auteur analyse les transformations en cours dans le vaste système des services sociaux aux États-Unis. Réduction des dépenses, décentralisation des programmes constituent le principe de base de la philosophie conservatrice. Mais depuis peu, un nouveau thème est apparu, celui d’un rôle accru des initiatives privées dans le secteur des services sociaux.

L’article analyse l’influence du secteur privé dans trois domaines : la sécurité du revenu, en particulier les pensions de vieillesse, les soins de santé et les nouveaux centres d’accueil destinés aux personnes âgées qui ont des ressources financières suffisantes, les politiques dites de « zones d’entreprises » qui consistent à favoriser l’implantation d’industries dans les zones les plus défavorisées, tant urbaines que rurales, en suspendant les réglementations de protection des conditions de travail, du salaire minimum, etc., afin de rendre ces zones plus attrayantes pour les investisseurs.

Ainsi est en train de se mettre sur pied une véritable industrie privée des services sociaux qui tend à introduire dans la logique du marché de vastes secteurs jusque-là pris en charge par les programmes gouvernementaux. Que vont devenir, dans un tel rapport de forces, les populations les plus pauvres, puisque le gouvernement n’aura plus les moyens financiers d’assurer une réponse adéquate à leurs besoins ? Le « Corporate Welfare » est en train de remplacer le « Welfare State ».

Corporate Welfare: reforming the Welfare State

The author analyses recent changes in the social service sector in the United States. Such strategies as reducing expenditures and decentralizing programming are traditional precepts of conservatism but recently, a new priority has come to the forefront: the thrust is now oriented towards dismantling the public sector in the field of social services while encouraging the formation of a new market for social welfare that is amenable to corporate expansion.

This article analyses the influence of private sector in three areas: (1) Income security, particularly as it relates to retirement pensions, (2) health care and the nursing home industry and (3) economic development, especially in the area of urban economic recovery in which the « enterprise zone » concept (suspending minimum federal standards for salaries and working conditions) plays a major role.

The author argues that a major transformation is underway in the American social service sector: the economic rationality of private profit is gaining ground in areas traditionally reserved for public welfare programmes. If this trend is confirmed, what will happen to the most economically disadvantaged sectors of the population when the government is unable to provide an adequate response to their needs? Is « corporate welfare » to be the answer to the problems of the Welfare State?

Pierre Dandurand

Crise, État et politique de main-d’oeuvre

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L’auteur élabore ici une réflexion sur le rôle des politiques de main-d’oeuvre en temps de crise. Sur la base d’une analyse des divers programmes canadiens, il met en évidence que les programmes de main-d’oeuvre oscillent constamment entre des objectifs économiques (requalifier rapidement la main-d’oeuvre la plus apte à répondre aux besoins des secteurs les plus dynamiques de l’industrie) et des objectifs sociaux (occuper les chômeurs, réduire le nombre de prestataires d’assurance-chômage, etc.). En période de crise, il semble qu’on cherche à redonner force à la fonction d’accumulation des politiques de main-d’oeuvre et donc qu’on mette en veilleuse leur fonction de légitimation, de politique cachée de bien-être social. Ainsi, l’État entreprend une importante restructuration de ses politiques de main-d’oeuvre : loin de se retirer, il semble se redéployer, activant la formation en industrie et rendant ses politiques de plus en plus sélectives.

Economic crisis, the state and manpower policy

The author examines the role of manpower policy in a period of economic crisis. On the basis of his analysis of several Canadian programmes, he notes an oscillation between economic objectives (rapid retraining of workers for jobs in the most dynamic sectors of the economy) and social objectives (governement job creation schemes, unemployment insurance reductions, etc.). In a period of crisis, it seems that priority is given to the accumulation function of manpower policy to the detriment of their legitimation function as a disguised form of social welfare. The author concludes that the State is in the process of a major reformulation of its manpower policies. There seems to be no indication of a tendency to withdraw from this sector. Rather, the priorities seem to be on-the-job training programmes and a tightening of government control.

Rosemary C. R. Taylor

La prévention et la politique américaine

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La prévention est le lieu d’une confrontation politique majeure aux États-Unis. De plus en plus, les stratégies de prévention s’inspirent d’une idéologie qui reporte sur les individus la responsabilité de leur santé et de leur bien-être personnel. L’article analyse comment, depuis la fin des années soixante-dix, s’est imposée cette conception individualisante de la prévention et comment elle parvient à influencer les décisions de l’État, tant en ce qui concerne le financement que l’orientation de sa politique de santé.

L’article décrit les interventions récentes de l’administration Reagan visant à limiter la portée de diverses réglementations et agences gouvernementales vouées à la prévention, qu’il s’agisse de conditions de travail, d’environnement ou d’hygiène publique.

Deux théories étiologiques s’affrontent : l’une qui reçoit le soutien du gouvernement, des industries, du pouvoir médical met l’accent sur les habitudes quotidiennes pathogènes; l’autre met en relief l’importance des facteurs sociaux; certains secteurs du mouvement ouvrier, les écologistes, certaines agences gouvernementales tentent de la défendre. Mais le rapport des forces est inégal. Cependant, peut-on imaginer que, dans un contexte de détérioration croissante du niveau de vie, on puisse continuer de croire que la santé, comme toute autre chose, n’est qu’une question de volonté individuelle ?

The politics of prevention

Prevention is a new catchword in American health-care policy. This article analyses the emergence in the late seventies of an apparent consensus concerning an individualist approach to prevention—an approach which stresses the responsibility of individuals for their own health and personal welfare. How did prevention come to assume such a crucial role in political debate on health care policy? Why does the individualist approach take precedence over a more social approach and how is policy formed concerning the orientation and financing of these policies?

This article analyses the recent measures taken by the Reagan administration to limit the scope of government regulation in the field of prevention. In particular the author looks at the situation in the areas of health and security in the workplace, environmental protection and public health.

Two underlying theories about the causes of illness in contemporary society are in conflict: one focusses on the pathological nature of certain aspects of individual behaviour and is supported by current trends in government policy, the main sectors of the medical establishment and the corporate sector. The other, emphasizing the social dimensions of illness, is defended by sectors of the union movement, ecologists and certain government agencies. The odds are unequal and yet, is it possible to imagine that, in a period characterized by the deterioration of the standard of living, health will continue to be seen as a question of individual willpower.

B. Francq

La prévention comme dispositif politique : problématique pour un questionnement sur les projets et pratiques préventives

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L’auteur aborde ici un thème central du débat actuel sur les politiques et leur redéfinition dans le contexte de crise de l’État-providence, la prévention. Après avoir souligné la polysémie du concept, il en délimite la pertinence à partir d’un examen de sa résurgence dans l’imaginaire professionnel des travailleurs du social.

L’auteur aborde ici un thème central du débat actuel sur les politiques et leur redéfinition dans le contexte de crise de l’État-providence, la prévention. Après avoir souligné la polysémie du concept, il en délimite la pertinence à partir d’un examen de sa résurgence dans l’imaginaire professionnel des travailleurs du social.

Cet examen s’effectue à partir d’une mise en perspective de deux paradigmes centraux qui entrent en conflit. Le premier paradigme, la prévention comme programmation offensive, part de l’hypothèse d’une alliance entre professionnels et administratifs alors que le second, qui mise davantage sur une reconquête de la société civile, considère plutôt que ce sont les rapports entre usagers et professionnels qui seraient au centre du dispositif préventif.

En conclusion, l’auteur ouvre le débat sur le sens et la portée du dispositif préventif à la lueur de sa problématique centrée sur la crise de l’État et des enjeux politiques qui la traversent.

Deux auteurs questionnent ensuite la problématique de B. Francq. F. Smet (Bruxelles), « Les intellectuels et la prévention », s’interroge sur le rôle des intellectuels dans la construction du discours sur la prévention. G. Renaud (Montréal), « À propos de la prévention comme programmation offensive », se demande dans le même sens si la sociologie, même critique, n’exerce pas une fonction de rationalisation constante de la construction de l’État. En positionnant la prévention comme programmation offensive, ne contribue-t-on pas précisément à créer cette programmation, à donner une cohérence théorique à des éléments qui ne sont pas a priori cohérents ?

The political stakes involved in prevention policy

The debates concerning prevention policy can only be understood within the wider context of the crisis of the Welfare State. The author points out the ambiguities inherent in discussions on prevention policies and then goes on to look at the different conceptions held by professionals in the human resource sector.

He notes two contradictory paradigms. The first, which sees prevention as implementation of State policy, postulates a working alliance between human resource professionals and government administration policy while the second, which seeks a transformation of « civil society », considers that the main alliance must be between human resource professionals and the population directly concerned by prevention policy.

The author concludes by suggesting some themes for reflexion on the theme of prevention in the context of the present crisis of the State.

Two authors offer a critical response to the B. Francq article. F. Smet, (Brussels, « Intellectuals and prevention ») raises the question of the role of intellectuals in the formulation of the ideology of prevention. G. Renaud (Montreal, « Prevention as State policy »), along the same lines as Smet, looks at the role of sociology. Even when it is critical, the author suggests, sociology tends to constantly rationalize and operationalize state policy. Is this process at work in the field of prevention?

P. Smet

Les intellectuels et la prévention

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Gilbert Renaud

À propos de la prévention comme « programmation offensive »

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Notes de lecture


Frédéric Lesemann

Jacques Godbout, La participation contre la démocratie, Éditions Saint-Martin, Montréal, 1983, 190 pages

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Marc Mormont

La société duale, le piège, La Revue Nouvelle, n° 4, Bruxelles, avril 1983

Michel Peffer, L’État Anthropophage, Éd. Vie Ouvrière, Coll. Dossiers, Bruxelles, 1982, 279 p.

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François Charbonneau

Jean-Claude Kaufmann, avec la collaboration de Monique Laigneau, La Vie H.L.M. Usages et conflits, Les Éditions ouvrières, Paris, 1983, 183 p.

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Michel Tachon

Hervé Hamon, Patrick Rotman, La deuxième gauche, Histoire intellectuelle et politique de la C.F.D.T., Éditions Ramsay, Paris 1982, 450 p.

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Peter A. Kohler, Hans F. Zacher (Eds), Un siècle de Sécurité sociale 1881-1981 : l’évolution en Allemagne, France, Grande Bretagne, Autriche et Suisse, Éd. Réalités Sociales, Lausanne, 1983, 650 p.

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Jean Steinauer, Le Fou du Rhône : documents sur la crise psychiatrique genevoise, Éditions Tout-va-Bien Hebdo, Genève, 1982, 180 p.

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Roger Girod, P. De Laubier (Eds), La politique sociale dans les pays occidentaux 1945-1980, Éd. Réalités Sociales, Lausanne, 1982, 128 p.

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Alfredo Morabia, Médecine et socialisme : politiques sanitaires en Suisse et dans les sociétés capitalistes avancées, Éditions d’En Bas, Lausanne, 1983, 195 p.

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Jean Kellerhals, J.F. Perrin, G. Steinauer-Cresson, L. Voneche, G. Wirth, Mariages au quotidien : inégalités sociales, tensions culturelles et organisation familiale, Éd. Favre, coll. regards sociologiques, Lausanne, 1982, 300 p.

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Christian Lalive d’Epinay, M. Bassand, E. Christe, D. Gros, Temps libre : culture de masse et cultures de classes aujourd’hui, Éd. Favre, coll. regards sociologiques, Lausanne, 1983, 264 p.

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